VIDEO. Attentat à Marseille: Le suspect avait été interpellé « à sept reprises, sous sept identités »

TERRORISME L’homme qui a poignardé deux femmes à la gare Saint-Charles était connu des services de police pour des faits de droit commun mais inconnu des services de renseignement…

Thibaut Chevillard et Caroline Politi

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Des policiers devant la gare Saint-Charles , le 1/10/2017 après l'attaque de Marseille.
AFP PHOTO / BERTRAND LANGLOIS
Des policiers devant la gare Saint-Charles , le 1/10/2017 après l'attaque de Marseille. AFP PHOTO / BERTRAND LANGLOIS — AFP
  • Le suspect a été interpellé à Lyon pour un vol à l’étalage deux jours avant l’attaque à Marseille.
  • Il n’était pas fiché par les services de renseignement.
  • Il possédait de multiples identités.

L’attaque n’a duré qu’une poignée de secondes. Ce dimanche, aux alentours de 13h45, un homme a poignardé deux jeunes femmes sur le parvis de la gare Saint-Charles à Marseille. L’une a été atteinte à la gorge, l’autre au dos. Il « commence par commettre [son] crime sur une première personne, s’enfuit, puis revient sur ses pas pour tuer la seconde personne », a décrit le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb. En commettant son attaque, l’assaillant aurait crié « Allahou Akbar », ont rapporté plusieurs témoins. Ce sont les cris des passants et le mouvement de foule qui ont alerté une patrouille de l’opération Sentinelle. Le suspect, touché à deux reprises, a rapidement succombé à ses blessures.

Arrêté à sept reprises pour des faits de droit commun

Aucun papier d’identité n’a été retrouvé sur lui. C’est en comparant ses empreintes digitales avec le fichier national que les enquêteurs ont rapidement trouvé une concordance. Le suspect a été interpellé à « sept reprises sous sept identités différentes » pourpour des faits de droit commun, a indiqué le procureur de la République.

Dernière arrestation en date : le vendredi 29 septembre, soit deux jours avant son passage à l’acte, pour un vol à l’étalage à Lyon. Placé en garde à vue, il a été libéré le lendemain dans le courant de l’après-midi après que l’affaire a été classée sans suite car l’infraction n’était pas suffisamment caractérisée. Il avait alors indiqué s’appeler Ahmed H., vivre à Lyon, être sans domicile, sans emploi et divorcé, a précisé le magistrat. Il a également assuré pendant sa garde à vue qu’il consommait des drogues dures.

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De multiples identités

Aucun casier judiciaire n’est rattaché à ses différents alias. De même l’homme était inconnu des services de renseignement, a déclaré François Molins, procureur de la République de Paris. De nombreux éléments de son identité restent néanmoins à confirmer. Ahmed H., Tunisien né en novembre 1987, était-elle sa vraie identité ?

L’authenticité du document présenté à Lyon reste à vérifier. Les dates de naissance et le pays d’origine diffèrent sur les différents papiers d’identité, a-t-on appris de sources concordantes. Selon Le Parisien, l’homme vivait illégalement dans le sud-est de la France depuis plusieurs années.

Un téléphone portable retrouvé près de lui

L’enquête a été confiée à la Sous-direction antiterroriste de la police judiciaire (Sdat) et au service de renseignement (DGSI). L’analyse d’un téléphone portable retrouvé près de lui pourrait permettre de mieux saisir son parcours et mettre en lumière d’éventuels contacts avec d’autres djihadistes, en France ou en Syrie. Si l’homme était seul dans la gare au moment de l’attaque, l’attentat a été revendiqué dans la soirée par Daesh.