Attentat à Marseille : «Ça a tiré deux fois et j’ai vu immédiatement des gens courir»

REPORTAGE Plusieurs témoins ont entendu des cris, puis des tirs de Famas. Certains ont pu apercevoir des corps allongés sur le parvis de la gare…

Adrien Max
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Les escaliers en haut desquels l'attaque a eu lieu.
Les escaliers en haut desquels l'attaque a eu lieu. — Adrien Max / 20 Minutes
  • Un homme âgé d’une trentaine d’années a tué deux femmes sur le parvis de la gare Saint-Charles.
  • Plusieurs témoins évoquent des cris, deux coups de feu, et des scènes de panique.
  • Plusieurs témoins ont pu apercevoir des corps allongés sur le parvis de la gare.

Aux alentours de 13 h 15 ce dimanche, un homme a attaqué des passants au couteau à la gare Saint-Charles de Marseille. Deux femmes sont décédées de leur blessure, l’une d’entre elles aurait été poignardée au thorax tandis que l’autre aurait été égorgée. L’assaillant, âgé d’une trentaine d’années, a été abattu par les militaires de la force Sentinelle.



Dès l’arrivée en métro à la gare Saint-Charles vers 14 h 45, la rumeur s’est déjà répandue : il se serait passé quelque chose et le secteur serait bouclé. En sortant du métro, la rumeur se confirme : le secteur de la gare est totalement bouclé. Les policiers bloquent tous les accès de la gare, que ce soit les grands escaliers, les accès aux parkings, ou l’accès par l’avenue du Général-Leclerc. Plus de 200 policiers sont mobilisés sur place.

« Il a attrapé une fille dans le dos »

Dominique, 35 ans, prenait le soleil sur le parvis de la gare en attendant sa correspondance. Elle se confie au micro de France Bleu : « C’est un gars qui semblait isolé, il était dans un coin, il était bizarre, on le regardait avec nos voisins, il avait un couteau dans la manche », explique cette mère de famille. « Il a crié Allah Akbar, j’étais à 10 mètres, il a attrapé une fille dans le dos, elle n’a rien eu le temps de voir et ensuite il s’est jeté sur d’autres personnes. C’était à 10 mètres de moi, heureusement que j’ai une bonne étoile », raconte-t-elle, très choquée.



Lyes, 33 ans, était en bas des escaliers pour déposer ses enfants lorsqu’il a entendu deux coups de feu. « Ça a tiré deux fois et j’ai vu immédiatement des gens courir. J’ai d’abord pensé à un règlement de comptes, puis je suis monté en haut des escaliers, et là j’ai vu deux personnes allongées au sol sur l’esplanade », raconte ce témoin.

« J’ai entendu des tirs de Famas »

Guillaume venait, lui, d’arriver à la gare pour prendre son train vers Paris. Il était en train de retirer son billet lorsqu’il a entendu des cris. « Beaucoup de personnes se sont mises à courir, mais sans trop savoir pourquoi. J’ai même eu le temps d’aller chercher un café. Là, les personnes ont couru dans tous les sens et j’ai entendu des tirs de Famas claquer au loin », explique ce militaire de 31 ans.



Les voyageurs ont reçu la consigne de monter dans les trains, puis de finalement se diriger vers le fond des quais. « On a vu les policiers rentrer dans la gare avec leurs armes en se cachant derrière les murs. Les gens étaient en panique, et on nous a finalement évacués de la gare. »

« Trois personnes sous des couvertures de survie »

Farah et Margot, deux employées de la SNCF, étaient à l’intérieur de la gare lorsqu’elles ont entendu de nombreux cris : « Il y avait énormément de monde à ce moment. Dès que les gens ont entendu des cris, tout le monde a commencé à courir. On nous a demandé d’évacuer et j’ai eu le temps d’apercevoir trois personnes sous des couvertures de survie », expliquent les deux jeunes femmes. Il s’agit des deux victimes et de l’assaillant.



A proximité des dispositifs de sécurité, beaucoup de voyageurs sollicitent les policiers pour savoir s’ils pourront prendre leur train. Gérard Collomb devrait s’exprimer aux alentours de 18 h depuis les escaliers de la gare. Elle ne rouvrira pas d’ici plusieurs heures. Dans le même temps, les policiers de la police judiciaire procèdent aux premières constatations sur place.