Paris: Il veut donner «Marseille» comme troisième prénom à son fils, la mairie s'y oppose

PRENOM Xavier a voulu donner à son fils le 3e prénom « Marseille » en hommage à la ville. La mairie du 19e arrondissement de Paris a voulu saisir le parquet…

Adrien Max

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La basilique de Notre-Dame de la Garde à Marseille.
La basilique de Notre-Dame de la Garde à Marseille. — FOURMY MARIO/SIPA
  • Xavier Monnier a souhaité donner à son fils « Marseille » comme troisième prénom en hommage à sa ville de cœur.
  • La maire du 19e arrondissement de Paris a voulu saisir le procureur de la République pour se prononcer sur le prénom « Marseille ».
  • Les débats portent généralement sur le premier prénom plutôt que sur le deuxième ou le troisième.

Un nouvel épisode de la guerre Paris/Marseille ? L’histoire pourrait faire sourire mais elle est tout à fait sérieuse. Depuis lundi, 3h52, Xavier Monnier est l’heureux papa d’un petit garçon de 50 cm pour 3,54 kg. Peu après l’heureux événement, il se rend au service de l’état civil de l’hôpital Robert Debré à Paris, où son fils est né, pour déclarer sa naissance.

Il s’appellera Onken, Philip, Marseille Monnier. Onken en hommage aux origines congolaise de sa maman, Philip comme le prénom du papa de Xavier et Marseille pour… Marseille. « Je suis né à Marseille, nous nous sommes mariés à Marseille et j’ai écrit deux livres sur Marseille. C’est tout simplement un hommage à ma ville de cœur », explique le papa.

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Le procureur de la République en arbitre

Sauf que mercredi, le service de l’état civil de la mairie du 19e arrondissement de Paris appelle la famille. Problème, ils considèrent que Marseille n’est pas un prénom. « La personne m’a appelé en numéro privé, assez énervée, pour me dire que Marseille n’était pas un prénom et que si je ne le retirai pas, ils saisiraient le procureur de la République », raconte Xavier, lui aussi énervé.

La mairie se dit, elle, pas compétente pour dire si tel ou tel prénom en est bien un : « Nous n’avons pas de pouvoir décisionnaire. Nous n’acceptons pas ou ne refusons pas un prénom. Lorsqu’il y a un doute, et c’était le cas, nous sollicitions l’arbitrage du procureur de la République. » Ils ajoutent que la demande de Xavier pourrait aboutir s’il allait jusqu’au bout de la démarche.

Sauf qu’après en avoir discuté, Xavier et sa femme ont choisi de retirer le prénom Marseille de l’état civil de leur fils. « On ne voulait pas rentrer dans des procédures administratives contraignantes et bloquer l’état civil de notre fils alors qu’il n’a que trois jours », avance Xavier. Mais il a déjà prévu, avec son avocat, d’engager plus tard une procédure afin d’ajouter le prénom Marseille sur l’état civil de son fils.

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Sangohan et Dubaï

L’histoire étonne Antoine de la Ligue des officiers de l’état civil. Avec un ami, ils ont créé un site Internet sur lequel ils recensent les prénoms les plus originaux de France et d’ailleurs. Ils ont également publié l’Anti Guide des prénoms aux éditions First. De vrais spécialistes en somme. « Je suis très surpris car c’est typiquement un prénom qui avait sa place, explique Antoine. J’ai déjà vu beaucoup de prénoms de ville comme Dubaï et on a même créé une rubrique “Quand ton prénom est une ville”. »

De part son expérience, il admet que beaucoup de débats ont lieu avec les premiers prénoms. C’est par exemple actuellement le cas en Bretagne avec le petit Fañch dont les parents sont allés jusque devant le tribunal. Mais il n’y a, en général, que très peu de débats sur le deuxième et le troisième prénom. « Encore très récemment nous avons vu Sangohan comme deuxième prénom. Cette semaine nous avons repéré une petite D’Jouvanne, Sacré et Cœur », avance Antoine. Mais l’histoire ne dit pas si le procureur a été saisi dans ces cas-là.