Canoë: «Après les JO, tout semble plus fade»... Denis Gargaud sans pression aux Mondiaux

INTERVIEW Les finales des championnats du monde de canoë-kayak se déroulent ce samedi après-midi, à Pau…

Propos recueillis par Jean Saint-Marc
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Le Marseillais Denis Gargaud-Chanut est le favori des Mondiaux.
Le Marseillais Denis Gargaud-Chanut est le favori des Mondiaux. — E. Traversie / FFCK
  • Médaillé de bronze en équipes, Denis Gargaud-Chanut est un des favoris des championnats du monde en individuel.
  • Le Marseillais se confie sur sa vie quotidienne, entre entraînements et travail de bureau.

Denis Gargaud-Chanut s'est pointé aux Mondiaux avec une médaille d’or autour du cou… Et avec les mains dans les poches. Ou presque. Médaillé d’or aux Jeux olympiques de Rio, l’été dernier, le Marseillais, successeur de Tony Estanguet à la tête du canoë-kayak tricolore, ne s’est pas fixé d’objectifs particuliers pour les championnats du monde, qu’il aborde parfaitement détendu… Mais pas sans ambition.

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Vous arrivez avec le costume du favori, ce n’est pas trop lourd à porter ?

L’attente est très importante, c’est sûr ! Je me suis fixé des objectifs techniques : réussir à réaliser ce qu’on a travaillé à l’entraînement, plus que le résultat lui-même. Je ne me cache pas : je ne serai pas satisfait si le résultat n’est pas là. D’autant que oui, je suis le favori pour les gens qui m’ont vu aux JO… Mais les initiés ne sont pas naïfs : ils savent que je ne suis pas le seul candidat au titre.

Cette nouvelle gloire médiatique, c’est difficile à gérer ?

Ça fait un gros média stress ! Il faut gérer cette donnée-là en plus de l’entraînement, en plus de mon travail (Denis Gargaud-Chanut a fondé son entreprise qui vend des barres énergétiques).

Ça vous ennuie de répondre aux questions des journalistes ?

(Rires) Pas du tout ! C’est positif pour le sport et vos questions nous rappellent qu’on a trop tendance à être hyper spécifiques… Que nous sportifs on s’intéresse à des détails qui ne sont pas ceux qui passionnent le public ! Franchement, j’aime bien les interviews !

Est-ce que ça a été difficile de vous relancer après les Jeux olympiques ?

Je me suis laissé le temps de la réflexion : un cycle olympique, c’est long… Est-ce que je serai capable, pendant quatre ans, de me lever à sept heures pour aller m’entraîner quand il fait froid ou que je suis fatigué ? Oui, le jeu en vaut tellement la chandelle que c’est une évidence ! J’ai discuté de ça avec mon entraîneur, ma femme, mes amis, mes partenaires… C’est sûr que ça oblige d’avoir une rigueur dans la vie, on ne peut pas se coucher trop tard, on ne peut pas trop sortir… Mais on est aussi privilégiés sur certains cas. Avec ma famille, on s’est dit qu’on aimait bien cette vie-là !

Vous aimez l’entraînement, vraiment ?

Quand je suis à Marseille, je m’entraîne au Roucas-Blanc, au Vallon des Auffes parfois… C’est plutôt agréable en termes de paysage ! Après, c’est sûr que je ne pourrais plus passer 100 % de mon temps à m’entraîner. Je l’ai fait à une période de ma vie, entre 18 et 22 ans, c’était très pauvre intellectuellement. Tu vas t’entraîner, tu manges, tu fais une sieste, tu repars à l’entraînement, tu manges, tu regardes un film, tu dors. C’est très monomaniaque ! C’est pour ça aussi que j’avais besoin de développer un projet d’entreprise à côté. Ça me donne un équilibre : parfois, au bureau, je me dis « j’aimerais bien être sur l’eau ». Et quand il fait froid et que je suis sur mon bateau… Je me dis « vivement que je sois au chaud ! »

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Ça doit être une discipline un peu ingrate, les compétitions sont rares… Ce n’est pas comme un footballeur qui s’entraîne, certes, mais qui joue aussi une à deux fois par semaine !

Je ne fais pas ça pour l’exposition, je fais ça pour l’enjeu ! Mais c’est sûr qu’après les Jeux olympiques, toutes les compétitions, même les championnats, ont un goût plus fade. Les JO, c’est plus bruyant, plus grandiose !