L'OM s'est refait la cerise grâce à une nouvelle tactique... Ça va durer ou pas?

FOOTBALL Tableau noir pour les Bleu et Blanc...

Jean Saint-Marc

— 

Rudi Garcia a laissé tomber son 4-3-3.
Rudi Garcia a laissé tomber son 4-3-3. — F. Lo Presto / AFP
  • En passant du 4-3-3 au 4-2-3-1, l'OM vient d'enchaîner trois victoires.
  • Pas sûr que cela fonctionne contre Nice, avec un pressing très haut, par exemple.

C’était un jeudi soir de grogne, un jeudi soir d’Europe, l’OM recevait Konyaspor et Rudi Garcia a fait sa révolution tactique. Dans un stade vide et devant un virage sud embrasé de fumigènes, l’OM alignait un pur meneur de jeu, Payet, et deux milieux défensifs (Kamara et Gustavo). Dans cette configuration, l’OM vient d’enchaîner trois victoires et n’a pas encaissé un seul but. Cette série va-t-elle se poursuivre, jeudi soir face à Salzbourg et surtout dimanche à Nice ? On se pose tout de même trois petites questions…

>> A lire aussi : VIDEO. Il devait donner le coup d'envoi, il a marqué au Vélodrome... «Je pensais que j'allais me faire engueuler!»

L’OM a-t-il vraiment retrouvé son allant offensif ?

Rudi Garcia s’en est gargarisé : les Marseillais ont frappé 23 fois au but, face au TFC (pour deux buts chanceux, mais c’est une autre histoire). Après la quasi purge face à Konyaspor et la faible prestation à Amiens, les offensifs marseillais semblent avoir retrouvé un peu d’allant. Surtout Payet, qui n’est pas encore brillant mais qui n’est plus le fantôme de ces derniers temps. « Je retrouve mes sensations, a-t-il confié après la victoire face au TFC. On a de plus en plus de repères dans ce système. On sait que devant on peut marquer à tout moment. »

« Payet touchait déjà beaucoup de ballons dans l’axe, mais mettre un ailier gauche, ça le libère de ses tâches défensives », salue Romain Pelissier, entraîneur à l’AS Gemenos, qui décrypte les évolutions tactiques de l’OM sur son compte Twitter. Les tâches défensives en question sont donc prises en charge par Ocampos, qui n’est certes pas toujours juste, mais qui est extrêmement vaillant. « C’est celui qui a le plus de volume de jeu, qui fait le plus d’efforts, parfois aux dépens d’une certaine lucidité », analysait Rudi Garcia la semaine dernière. Ocampos, comme les autres, doivent donc être plus tueurs : les Marseillais n’auront pas 23 occasions à Nice…

Une défense tranquillisée par le 4-2-3-1 ?

Trois matchs, trois clean sheets, le terme préféré des Marseillais. « Avec ce nouveau système, l’OM a gagné en solidité, ce double pivot au milieu sécurise les montées des latéraux, c’est rassurant pour tout le monde », analyse Romain Pelissier. Confirmation avec Adil Rami, après la réception de Konyaspor : « On avait deux guerriers devant nous, ils ne nous laissaient pas d’un contre un à gérer. Et on sait que face à des joueurs plus rapides, c’est parfois compliqué pour nous. »

Il faut toutefois nuancer cette « solidité » : Konyaspor (9 buts marqués en 8 matchs), Amiens (4 buts en Ligue 1, le deuxième total le plus faible du championnat) et Toulouse (7 buts) sont tout sauf des armadas offensives. Le vrai test, ce sera face à Nice, possiblement avec un 4-4-2 Pléa/Balotelli en face.

>> A lire aussi : OM-TFC (2-0): Marseille voit la vie un peu plus en rose, grâce à de bien pâles Violets

« Un système à deux attaquants qui pressent Rami et Rolando, ça met à l’épreuve les deux milieux défensifs dans l’utilisation du ballon. Est ce qu’ils sauront se replacer entre les lignes pour relancer ? s’interroge Romain Pélissier. Un milieu avec deux pointes hautes qui harcèlent les milieux défensifs peut aussi nous embêter. » Et cette saison, c’est justement quand il est pressé haut que l’OM souffre…

Sanson, Lopez ou Germain peuvent-ils s’épanouir dans ce dispositif ?

Sur la touche… Ultra utilisé par Rudi Garcia depuis son arrivée, Maxime Lopez, qui a raté son début de saison, est le grand perdant de ce revirement tactique. Morgan Sanson, lui, n’était pas dans le Onze titulaire à Amiens et était suspendu face à Toulouse. Contre Konyaspor, il n’avait pas été à l’aise à gauche. « Ça faisait un moment que je n’avais pas joué à ce poste », a-t-il reconnu. Quant à Valère Germain, il n’était que trop peu servi par ses coéquipiers… Clinton Njie, en pleine bourre, l’a remplacé à Amiens et face à Toulouse.

« L’OM doit jouer en 4-3-3, il ne peut pas se passer de Germain, de Sanson, de Lopez, s’est énervé Christophe Dugarry sur RMC. S’il veut avoir de l’ambition, l’OM doit avoir des joueurs adroits avec le ballon. Se passer de créateurs serait néfaste. » Mais qui a dit qu’il faudrait s’en passer ? Lopez ou Sanson pourront avoir du temps de jeu au poste de numéro 10, quand il faudra faire souffler Payet (peut-être dès jeudi, d’ailleurs). « Et je suis sûr que Sanson bosse, surtout tactiquement, pour réintégrer le Onze, par exemple en sentinelle », estime Romain Pélissier. Quant à Germain, il a montré à Monaco qu’il était capable de s’adapter à peu près à tout. Il aime bien avoir un attaquant devant lui… Mais pourquoi pas le tester sur un côté ?