Smart Avenir, le premier dispositif qui permet de passer de l’électricité au gaz selon la consommation

ENERGIE Le dispositif Smart Avenir offre la possibilité de passer d’un approvisionnement électrique à un approvisionnement au gaz en fonction de la consommation…

Adrien Max

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Illustration d'un compteur électrique.
Illustration d'un compteur électrique. — LCHAM/SIPA
  • Le dispositif Smart Avenir a été lancé le 6 février, près de 6.000 logements en ont été équipés en PACA.
  • Il permet de permuter entre un approvisionnement électrique ou au gaz en fonction de la consommation électrique globale.
  • Baisse de la consommation énergétique, économie, meilleure gestion de l’approvisionnement sont autant d’avantages qu’offre ce dispositif.

Après six mois d’existence c’est l’heure du bilan pour Smart Avenir. Ce dispositif a été impulsé par le club de l’immobilier de Marseille, soucieux de réfléchir à des solutions pour la transition énergétique. En réunissant plusieurs acteurs du secteur des énergies, le club de l’immobilier, RTE (réseau de transport d’électricité) et GRDF (gaz réseau distribution France), la solution Smart Avenir a pu être imaginée.

En installant ce dispositif dans un logement, elle offre à l’utilisateur (propriétaire ou locataire) la possibilité de permuter entre l’électricité et le gaz pour ses besoins énergétiques. Ainsi en fonction des pics de consommation, l’utilisateur peut choisir tel ou tel mode d’approvisionnement. « Le gaz naturel est par exemple compétitif pour les besoins quotidiens de chauffage et d’eau chaude », explique-t-on à GRDF.

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2.5 millions d’euros économisés

Depuis le 6 février dernier, 6.000 logements ont pu être équipés de ce nouveau dispositif. 5.000 logements neufs et 1.000 logements rénovés. Le coût d’une telle installation, environ 1.000 euros par logement, revient au promoteur immobilier. « Ça lui offre surtout un avantage concurrentiel dans la commercialisation des logements. Grâce à cet argument ils se vendent plus rapidement », avance Fabrice Alimi, président du club de l’immobilier.

Pour les utilisateurs, des économies significatives peuvent être espérées : de 350 à 400 euros par an sur leurs factures. Les 6.000 logements déjà équipés, les premiers appartements seront livrés début 2018, permettront une économie totale de près de 2.5 millions d’euros pour les particuliers. En termes d’énergie, ce sont 24 millions de kilowattheures libérés, soit l’équivalent de 16.200 voitures électriques.

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Tous gagnant

S’il n’était, a priori, pas forcement logique de faire s’asseoir deux concurrents autour d’une même table, des points de convergences existent. « On a tous cette problématique de la transition énergétique dans un coin de la tête, que ce soit pour RTE ou pour GRDF, chacun a des avantages dans ce dispositif », explique Fabrice Alimi.

Pour RTE, ce sont essentiellement des problèmes récurrents en alimentation électrique. Chaque hiver (chauffage) et certains étés (climatisation) le réseau est saturé, ce qui implique des coupures d’électricité. Pour GRDF, le problème est inverse. « La réglementation thermique permet de faire des logements tout électriques pour moins cher que le gaz, nous devions trouver une place », détaille Damien Rosinha, responsable de projet à GRDF.

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A terme, tout le monde devrait être gagnant grâce à ce dispositif. L’utilisateur économisera de l’argent, les énergies seront mieux utilisées et la production sera plus appropriée. « On veut supprimer les centrales à charbon, mais si elles existent c’est justement pour faire face à ces pics de consommations », argumente François-Michel Lambert, député des Bouches-du-Rhône et président de l’Institut national de l’économie circulaire. Eviter ces pics de consommation, c’est faire un pas de plus vers la transition énergétique.