Pollution des bateaux: Des discussions prévues... mais toujours pas d'engagement

ENVIRONNEMENT C’est l’une des premières fois que riverains, associations de protection de l’environnement et armateurs maritimes vont être réunies lors d’une même table ronde…

Mathilde Ceilles
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Un bateau de croisière à Marseille
Un bateau de croisière à Marseille — Boris Horvat
  • A Marseille, la contribution des émissions du trafic portuaire aux niveaux de pollution est évaluée en centre-ville entre 5 et 10 % en moyenne sur l’air.
  • Première fois qu’un événement convie armateurs, société civile, agence régionale de santé, collectivités.

Il y a quelques semaines, Jean-Yves Le Drian était venu à Marseille participer à une table ronde sur le thème des croisiéristes. Le hic ? Aucune association environnementale ni collectif de riverains n’avait été convié pour discuter des conséquences de la pollution de l’air de ces bateaux. Et pourtant : à Marseille, la contribution des émissions du trafic portuaire aux niveaux de pollution est évaluée en centre-ville entre 5 et 10 % en moyenne sur l’air, selon Air Paca.

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Or, le 14 novembre prochain, les compagnies maritimes seront réunies dans une même table ronde, à l’initiative de l’association Air Paca. Baptisé « La journée méditerranéenne de l’air », ce forum est l’un des premiers événements, si ce n’est le premier dans la région, qui convie en même temps la société civile et les armateurs, aux côtés notamment de Renaud Muselier, de l’Agence régionale de santé et de la présidente du Grand Port Maritime de Marseille.

Un dialogue entre tous les acteurs

Un forum qui a pour vocation de dresser « un était des lieux des bonnes pratiques et permettre à chacun d’avoir ces éléments », explique Pierre-Charles Maria, président d’Air Paca. En résumé, faire en sorte que l’ensemble des acteurs se parlent pour faire naître de nouvelles prises de conscience et des actions concrètes envers une baisse de la pollution atmosphérique.

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Mais aucun engagement concret n’est à l’ordre du jour à l’issue de ce forum. « Ce n’est pas dans notre rôle, indique le directeur d’Air Paca Dominique Robin, qui souligne notamment les fonctions de sensibilisation de sa structure. « Il ne faudrait pas qu’à la fin, certains se disent : “On s’est vu, chacun continue de son côté” », s’inquiète de son côté Joseph Wolfers, vice-président de la FNE-Paca, qui participe à cette journée spéciale. Ce dernier se réjouit toutefois de pouvoir entamer un dialogue avec l’ensemble des acteurs portuaires, pour, l’espère-t-il, « se revoir pour travailler ensemble » sur des solutions concrètes et rapidement applicables. Pour l’heure, aucune loi n’encadre les émissions de particules fines des géants des mers.

Des mesures précises en 2018

La prise de conscience des conséquences sanitaires de ces bateaux est en effet toute récente. « C’est un peu comme le tabac, compare Jean-Luc Savelli, directeur de Qualitair Corse. On savait que ce n’était pas bon pour la santé, mais il a fallu du temps pour prendre en compte cette problématique. »

Or, ces changements devront être opérés rapidement, notamment en vue des JO 2024. Les organisateurs de Paris 2024 se sont en effet engagés à faire de ces Jeux un « vecteur d’excellence environnementale ». Des mesures seront réalisées au premier semestre 2018 pour connaître avec précision l’ampleur de ces pollutions aux particules fines émanant des ferrys et bateaux de croisière à Marseille.