OM-TFC : «Imboulard», un « gamin » à materner, un talent intermittent… C’était tout ça, Giannelli Imbula à l’OM

FOOTBALL Petit con ou grand talent, l'Imbula de l'époque marseillaise? Un peu des deux, sans doute...

Jean Saint-Marc

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Imbula célèbre un but face à Saint-Etienne, en septembre 2013.
Imbula célèbre un but face à Saint-Etienne, en septembre 2013. — C. Paris / AP / SIPA
  • Après deux saisons (quasi) blanches à Porto et à Stoke City, Imbula retrouve l'OM ce dimanche, avec le TFC.
  • On se replonge dans les années marseillaises du futur ex grand espoir du football français. 

Des grands bras qui flottent un peu, des courses souvent à l’arrache : malgré une jolie technique balle au pied, Giannelli Imbula n’a pas la dégaine la plus aérienne du foot français. Mais les supporters marseillais se souviennent tout de même certaines de ses actions avec un soupçon de nostalgie, de ses dribbles ravageurs, de ses remontées de balles spectaculaires. Ils vont peut-être revoir tout ça, ce dimanche (21 heures), au Vélodrome, lors de l'Imbulico / Machachico / Peléico (OM-TFC, quoi).

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« Devenus des hommes »

Avant de se perdre à Porto puis à Stoke, Imbula « a fait une super saison à Marseille », se souvient, pour 20 Minutes, Florian Thauvin, pas rancunier quand on sait que les deux Olympiens s’étaient sérieusement disputés à l’entraînement : « C’était des petits accrochages de jeunes garçons, de gamins. Maintenant, on est devenu des hommes, bien sûr qu’on a mûri ! » Heureusement pour Imbula, qui avait alors hérité d’un méchant surnom : « Imboulard ».

Arrivé de Guingamp en 2013 pour 7,5 millions d’euros, avec un statut de meilleur joueur de Ligue 2, Imbula a d’abord brillé, avant de s’éteindre, sur le banc d’Elie Baup. Plus souvent utilisé par Marcelo Bielsa, qui le chouchoutait, sa seconde saison à Marseille a été bien meilleure… Mais Imbula restait un peu trop nerveux sur le terrain, et surtout bien trop intermittent.

Un câlin de Bielsa

Dans les bons soirs, l’Imbula de Marseille était « un joueur complet, très bon dans la récupération comme dans le jeu offensif, se souvient Pierre Mankowski, qui l’a rappelé chez les Espoirs en 2014. Mais sa faiblesse, c'est qu'il n’était pas toujours très régulier ». La faute à un mental plus que fragile. Pierre Mankowski :

Chaque joueur est un cas particulier… Mais lui, il faut vraiment faire très attention. C’est quelqu’un disons d’affectif. Le coach ne doit pas être autoritaire avec lui, il a besoin d’être conforté en permanence.

Bref, il faut le materner, ce que Willy Sagnol, chez les Bleuets, avait été incapable de faire. Les deux hommes sont brouillés, une sombre histoire d’intendant, de blouson et d'une flopée d’insultes. Marcelo Bielsa, lui, avait réussi à trouver l’équilibre entre le paternalisme et la sévérité, entre la carotte et le bâton, quoi. Son mythique« muy bien Imbula, da me un abrazo » (fais-moi un câlin) en est le meilleur exemple.

Giannelli Imbula a marqué trois buts sous le maillot de l'OM.
Giannelli Imbula a marqué trois buts sous le maillot de l'OM. - C. Paris / AP / SIPA

Avec Dupraz, ça colle ou ça clashe

A 25 ans, Imbula va-t-il redevenir, à Toulouse, cet excellent joueur qu’il était (parfois) à l’OM ? Vu son humeur actuelle, on n’a pas osé demander son avis à Marcelo Bielsa lui-même. Surtout qu’à l’époque, il aurait lâché à Vincent Labrune un méchant conseil sur Imbula, selon Libération : « Je l’ai amené là, il n’ira pas plus loin. Il faut le vendre tout de suite, il ne sera jamais meilleur qu’il n’a été. »

« Il a fait un bon choix, je pense qu’avec Dupraz, ça peut coller », pense au contraire Pierre Mankowski, qui voit bien le franco-congolo-belge (il peut jouer pour les trois sélections, et n’a pas encore choisi) revenir à son meilleur niveau rapidement. « Enfin… Soit ça va coller, soit ça va clasher », sourit le sélectionneur.