Marseille: Venue parler santé bucco-dentaire, Samia Ghali obligée de s'expliquer sur la perquisition de son domicile

JUSTICE Le domicile de la sénatrice-maire Samia Ghali a été perquisitionné ce mercredi matin alors qu’elle devait présenter une proposition de loi sur la santé bucco-dentaire…

Adrien Max

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Samia Ghali répond aux journalistes après la perquisition à son domicile
Samia Ghali répond aux journalistes après la perquisition à son domicile — Boris Horvat / AFP
  • Samia Ghali devait présenter sa proposition de loi sur la santé bucco-dentaire à la presse à 10 h 30 ce mercredi matin.
  • Elle s’est présentée avec une demi-heure de retard à cause de la perquisition à son domicile. Une perquisition qui a vite éclipsé la présentation de sa proposition de loi.
  • Samia Ghali a déclaré avoir remis tous les documents demandés par les enquêteurs, considéré l’enquête préliminaire comme normale et évoqué « l’acharnement d’une certaine presse ».

C’est ce qu’on appelle un fâcheux imprévu. Alors que la sénatrice-maire Samia Ghali avait prévu de présenter à la presse son projet de loi sur la santé bucco-dentaire à 10 h 30, son domicile a été perquisitionné plus tôt dans la matinée. Les policiers de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) se sont présentés devant son domicile, situé dans le quartier du Roucas-Blanc de Marseille (7e).

Cette perquisition était menée dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte par le parquet national financier (PNF). Elle vise les conditions d’acquisitions de la villa de Samia Ghali, de régularisation de sa piscine, ainsi que sur des subventions accordées par la région Paca, comme le révélait le site d’information Marsactu, en partenariat avec Mediapart.

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Moment de flottement

Alors que la sénatrice-maire avait donné rendez-vous à la presse à 10 h 30 au centre de santé Cara Santé, situé cours Belsunce (1er), ce sont les journalistes qui ont prévenu Jean-Jacques Zenou, le directeur du centre de santé, des déboires de Samia Ghali. Après un moment de flottement, il a commencé à présenter son établissement, sans trop savoir si Samia Ghali pourrait le rejoindre.

Pendant ce temps, les journalistes présents s’interrogeaient plus sur la perquisition matinale que sur les questions de santé bucco-dentaire. Certains confrères rejoignant même cette conférence de presse dans le but d’interroger spécialement Samia Ghali sur sa matinée. Après une bonne demi-heure de retard, l’élue a finalement rejoint le centre Cara Santé.

Sérénité

Sereine et visiblement peu perturbée, la sénatrice maire des 15e et 16e arrondissements de Marseille s’est attelée à présenter sa proposition. Sa directrice de cabinet a cependant indiqué au journaliste de Marsactu, venu pour une réaction à la suite de la perquisiton, qu’elle ne donnerait pas de conférence de presse en sa présence. Avant de finalement se raviser.

A la fin de la présentation de sa proposition de loi, Samia Ghali a répondu volontiers aux nombreuses interrogations des journalistes. « Je considère cette enquête préliminaire comme normale, puisqu’une certaine presse a raconté des choses sur l’acquisition de ma maison, à la suite d’une dénonciation », a-t-elle déclaré.

Samia Ghali entourée de journaliste lors de la conférence de presse sur sa proposition de loi sur la santé bucco-dentaire.
Samia Ghali entourée de journaliste lors de la conférence de presse sur sa proposition de loi sur la santé bucco-dentaire. - Adrien Max / 20 Minutes

« Aucune inquiétude »

La sénatrice-maire a annoncé avoir remis tous les documents demandés par les enquêteurs et a fait savoir qu’elle espérait désormais que l’enquête progresserait rapidement. Elle a cependant dénoncé « l’acharnement d'une certaine presse, même si c’est normal d’être épiée lorsqu’on a des responsabilités politiques ».

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Même si elle ne s’attendait pas à être perquisitionnée, Samia Ghali a assuré n’avoir « aucune inquiétude là-dessus ». A la suite de cette enquête préliminaire, qui peut parfois durer des années, le PNF pourrait ouvrir une information judiciaire.