Var: Dans neuf mois, la Formule 1 débarque au Castellet... Et il y a encore beaucoup à faire

FORMULE 1 Le Bol d’Or, une prestigieuse compétition de moto, a servi de répétition générale, ce week-end, à neuf mois du Grand Prix de Formule 1…

Jean Saint-Marc
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Le pilote Sébastian Vettel lors d'un test en 2016 sur le circuit Paul-Ricard du Castellet.
Le pilote Sébastian Vettel lors d'un test en 2016 sur le circuit Paul-Ricard du Castellet. — C. Paris / SIPA
  • Le circuit Paul-Ricard, dans le Var se prépare au retour de la Formule 1, en juin 2018.
  • Tour d’horizon des six principaux chantiers du Castellet.

Les moteurs sont un peu rouillés. Cela fait dix ans que la France n’a pas organisé de Grand Prix de Formule 1, 28 ans que le circuit Paul-Ricard du Castellet n’a pas été le théâtre d’un Grand Prix. « On doit tout réapprendre », souffle Gilles Dufeigneux, DG du GIP (directeur général du groupement d’intérêt public, en VF). « Le compte à rebours est lancé, évidemment qu’on est stressés… Mais on sera prêts ! » A neuf mois de l’échéance, le circuit a accueilli ce week-end 68.000 spectateurs pour le Bol d’Or, compétition moto qui a un peu servi de répétition générale.

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La gestion des bouchons pour accéder au site : pas mal, mais peut mieux faire. C’est la principale crainte des organisateurs, puisque le circuit Paul-Ricard est desservi par une seule route, à flanc de colline. « On nous dit souvent que l’accès est compliqué, mais ce week-end, ça a été d’une fluidité extraordinaire, c’est très rassurant », s’enthousiasme Stéphane Clair, patron du circuit. « Il y avait quand même la queue pour rentrer… J’ai mis une heure et demie pour faire quatre kilomètres », nuance  Georges Ferrero, maire du Beausset, la commune voisine. Qu’est ce que ça sera pour le Grand Prix, avec deux fois plus de monde sur le site ? « Il y aura autour du circuit une rocade qui ne fonctionnera que dans un seul sens, ce qui va multiplier par deux nos capacités d’absorption du trafic », assure Stéphane Clair.

L’aéroport : c’est tout bon. C’était l’autre grande préoccupation : l’aéroport du Castellet, qui d’habitude sert de parking lors des grandes compétitions, continuera à fonctionner pendant le Grand Prix. « Au Bol d’Or, c’était la première fois qu’on le faisait, et ça nous a permis de rassurer les services de l’Etat : on peut faire les deux », poursuit Stéphane Clair.

La piste : le tracé, c’est OK, les travaux peuvent commencer. Le circuit Paul-Ricard sera fermé, cet hiver, le temps d’un bon gros lifting. La couche supérieure de l’enrobé sera refaite, à partir de mi-décembre. Le tracé, lui, a été redessiné : il vient d’être validé par la FIA et par plusieurs pilotes. Trois virages qui particulièrement lents vont être élargis. « On multiplie les vitesses par deux tout en favorisant les possibilités de dépassement », précise Stéphane Clair, tout fier aussi de sa chicane, dans la ligne droite : « En soixante mètres, ils vont passer de 340 km/h à 120, sous les yeux des spectateurs ! »

Les tribunes : ce sera au dernier moment. Il n’y a pour l’instant qu’une seule tribune en dur, face aux paddocks. Quatre tribunes éphémères seront installées, pour un total de 40.000 places assises. Elles seront construites en avril. En revanche, la nouvelle passerelle qui permet de traverser la ligne droite est déjà là. « On a pu la tester au Bol d’Or, ça permet une bonne circulation, avant il fallait faire trois kilomètres pour faire un demi-tour du circuit, maintenant c’est deux fois moins », se réjouit Stéphane Clair.

Pour les billets, on sera dans la moyenne européenne, ni les plus chers, ni les moins chers ! »

La billetterie : encore un peu de patience. Le nom du prestataire qui va vendre les billets va être annoncé ce mercredi. Il devra fixer les prix de vente, avec une mission fixée par Gilles Dufeigneux : « être glamour et populaire en même temps. » Les tarifs seront abordables, promet le directeur général : « On sera dans la moyenne européenne. Ni les plus chers, ni les moins chers. » Comptez donc au minimum 350 à 400 euros pour des places assises en tribune, plutôt 150 pour les places debout, en « enceinte générale ». Les billets seront mis en vente mi-novembre.

Une fan-zone : why not ? Les organisateurs sont allés voir ce qui se faisait sur les autres Grands Prix. Et ils ont piqué quelques idées, à droite à gauche. « A Silverstone, par exemple, il y a une fan zone, avec des ateliers changement de pneu, des simulations de conduite en réalité virtuelle… On va essayer d’adapter ça », glisse Gilles Dufeigneux. Autre piste envisagée : la possibilité pour le public d’investir la piste aussitôt le Grand Prix terminé, comme à Spa (Belgique) : « Voir tous ces fans occuper la piste avec un tel bonheur… C’était extraordinaire », s’emballe Dufeigneux.