Marseille: Quand la métropole veut se mettre à l'heure de la mobilité

MOBILITÉ La métropole d’Aix-Marseille organise les journées de la mobilité dans plusieurs villes cette semaine…

Adrien Max
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Marseille, le 4 juin 2015, le Velo Decaux.
Marseille, le 4 juin 2015, le Velo Decaux. — Mickaël Penverne / 20 Minutes
  • La métropole Aix Marseille veut développer les solutions intermodales : TER, vélo, autopartage.
  • La métropole tente de rattraper son retard qu’elle a accumulé pendant des années.

Cinq jours pour cinq villes. La métropole d’Aix Marseille organise, dans le cadre de la semaine européenne de la mobilité, les journées de la mobilité pendant une semaine. A chaque jour sa ville : Marseille, Aubagne, La Ciotat, Aix-en-Provence et Salon de Provence. La problématique de la mobilité est centrale pour ce territoire : Marseille est la ville la plus embouteillée de France et les axes routiers vers les différents pôles de la métropole sont très souvent saturés.

Les élus et les acteurs du monde économique lors de l'inauguration des journées de la mobilité à Marseille
Les élus et les acteurs du monde économique lors de l'inauguration des journées de la mobilité à Marseille - Adrien Max / 20 Minutes

Les réseaux de transports en commun sont insuffisants, ce qui a des conséquences directes sur l’emploi. « On constate que des entreprises ont des difficultés à embaucher à cause de problème de mobilité. Ou alors il y a un fort taux de turnovers », explique Antoine Séguret, membre de la chambre de commerce et d’industrie. Pour pallier à ce problème les solutions doivent être pensées globalement.

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Retard dans la mobilité

C’est la raison pour laquelle les pouvoirs publics - métropole, mairie de Marseille et conseil Départemental - étaient réunis autour d’acteurs économiques et d’utilisateurs. « La mobilité est une affaire de tous pour améliorer la situation de Marseille et de la métropole », considère Jean-Pierre Serrus, l’élu en charge des transports qui a bien conscience du retard de son territoire. Depuis le 1er janvier 2017, la métropole est en charge de ce dossier, auparavant géré par la mairie. « Le but est aussi d’expliquer aux usagers que ça se développe et qu’on y travaille tous ensemble. C’est le premier chantier de la métropole », a-t-il expliqué.

La problématique du dernier kilomètre est centrale, c’est pourquoi la métropole veut développer au maximum l’intermodalité : prendre un TER, puis finir son trajet à vélo ou en autopartage. Pourtant, le manque d’infrastructure est criant, ne serait-ce qu’en matière de piste cyclable. « Il faut un véritable plan Marshall du vélo à Marseille, arrêter de prioriser telle ou telle rue mais faire un plan d’ensemble. Même les marquages au sol des pistes cyclables ne sont pas entretenus », se désole Vincent Coite, membre du collectif vélo en ville.

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Cela prendra du temps

Autres problèmes, l’accès à l’information. Beaucoup d’utilisateurs ne connaissent pas certaines mesures mises en place. « Beaucoup de gens ne savent pas qu’on peut aller à l’aéroport en train alors que c’est très facile », explique Stéphane Coppey de l’association NOSTERPACA, pour les usagers de trains dans la région.

Plus de mobilité et moins de pollution, c’est aussi l’autre enjeu de cette problématique. Tous les acteurs ont rappelé que c’est aussi l’affaire de tout le monde. Exemple, 80 % des trajets de moins de 17 kilomètres se font en voiture, par une personne seule. Des solutions existent, mais encore trop peu. « J’entends l’impatience des usagers et cela nous donne encore plus d’énergie à résoudre ces problèmes », explique Jean-Pierre Serrus. Accessibilité du métro aux personnes handicapées, prolongements de ligne de tram, développement de bus à très haut niveau de service sont autant de satisfaction pour l’élu. Mais des motifs de satisfaction qui prennent du temps à mettre en place.