L'OM, son dernier défi, les «vieux» dans le foot... Toifilou Maoulida se confie

PERDU DE VUE Ça ne nous rajeunit pas, tout ça... Toifilou Maoulida a 38 ans. Mais il ne compte pas arrêter sa carrière sur une saison quasi blanche à Tours...

Propos recueillis par Jean Saint-Marc

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Toifilou Maoulida et Mamadou Niang célèbrent un but, en 2006.
Toifilou Maoulida et Mamadou Niang célèbrent un but, en 2006. — G. Julien / AFP
  • Ne parlez pas de retraite à Toifilou Maoulida : à 38 ans, l'attaquant refuse de lâcher le ballon.
  • Pas trop inquiet par les résultats de l'OM, l'ancien Olympien est aussi persuadé que son club de coeur va rapidement rebondir. 

Il ne rangera ni ses crampons, ni ses bandelettes. A 38 ans, quand beaucoup de footballeurs ont déjà lâché l’affaire, Toifilou Maoulida, lui, continue sa carrière. Et il a toujours la foi pour se farcir une préparation physique estivale. Tout seul, en plus, puisque l’ancien Marseillais est actuellement sans club. Au chômage, le Toif’? Il préfère dire « libre » et reste persuadé qu’il va trouver chaussure à son pied courant septembre.

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Vous n’êtes pas trop inquiet de ne pas avoir trouvé de club mi-septembre ?

Septembre, c’est le mois charnière pour les joueurs libres. Les clubs voient leurs besoins, et ils peuvent faire de bonnes affaires ! L’an dernier, j’avais signé à Tours fin septembre. Je ne suis pas pressé : s’il faut attendre le mercato d’hiver, je le ferai !

Vous êtes parfaitement serein ?

J’ai eu des propositions, des appels plus ou moins exotiques, d’un club chinois ou d’un club suédois, par exemple. Je suis en contact avec des clubs de National. Je me laisse le temps de la réflexion, je me vois bien en Ligue 2.

38 ans, ce n’est pas tout jeune… C’est un pari pour un club !

Passé 30 ans, on est cuit ? Bien sûr que non ! Un joueur d’expérience peut apporter énormément.

Vous n’êtes pas « cuit », alors ?

Pas du tout ! Je n’ai jamais été blessé dans ma carrière. Je suis affûté ! Et j’ai ce petit truc, quand je signe dans un club, il se passe quelque chose. J’ai fait trois montées, trois maintiens improbables

Vous avez peur de l’après-carrière, de la reconversion, en fait…

Non ! Je me suis préparé, j’ai mon brevet d’entraîneur, le premier degré. D’ailleurs si je ne trouve pas de challenge intéressant, je passerai le second degré. Tous les anciens que j’ai connus m’ont dit “tant que tu peux jouer, continue, parce que quand tu arrêtes, ça fait un vrai manque !” Moi, on ne m’arrêtera pas, c’est moi qui déciderai ! Quand je ne pourrai plus physiquement.

Cet été, vous avez fait une prépa physique tout seul... Le ballon ne vous manque pas trop ?

A mon âge, le plus important, c’est le prépa physique ! Le ballon, ça ne s’oublie pas. Marquer des buts, c’est comme faire du vélo, ça revient très vite ! Si j’avais été plus jeune, j’aurais sans doute fait une préparation avec un groupe, avec l’UNFP par exemple. Mais j’ai préféré être près de ma famille. Là, j’envisage de demander à m’entraîner avec une réserve. Je suis resté en bons termes avec mes anciens clubs dans la région, Nîmes, Marseille…

Vous pourriez venir renforcer la - très jeune - réserve de l’OM ?

(Il élude) Le plus proche, c’est Nîmes ! Je ne veux pas déranger les clubs, je vais voir quelles sont les possibilités, en attendant de trouver un club pour la saison.

Justement, c’est la crise à l’OM, en ce moment… Vous êtes inquiet pour votre ancien club ?

L’inquiétude, c’est un grand mot ! Il ne faut pas faire des bilans après cinq journées. Je suis persuadé qu’ils vont redresser la barre, ils sont juste en manque de confiance après la défaite à Monaco.

Les supporters réclament la démission de Rudi Garca et trouvent le mercato très décevant…

Je comprends la colère des supporters, perdre à la maison contre une équipe qui n’avait pas gagné un seul match… C’est difficile à comprendre ! Mais je pense que l’OM a une bonne équipe ! On verra à la fin de saison, si Rudi Garcia qualifie l’OM pour la Ligue des champions, on aura oublié tout ça.

Marseille, ce sont vos plus belles saisons… Ça vous rend nostalgique ?

C’est toujours émouvant de revoir les images… Pour un jeune Marseillais, c’est vivre un rêve que d’être performant à l’OM ! Professionnellement, ce sont mes meilleures années, celles où j’ai côtoyé les plus grands joueurs : Nasri, Ribéry, Cissé, Niang, Barthez, Beye… C’est le club où je me suis senti le plus épanoui !