OM: «Ils sont un peu durs...» Les Marseillais affectés par les sifflets des supporters après la déroute face à Rennes (1-3)

FOOTBALL Et encore, la bronca n'aurait été que plus bruyante si 10 ou 15.000 personnes n'avaient pas quitté le stade à la 75e...

Au stade Vélodrome, Jean Saint-Marc

— 

De retour de blessure, Dimitri Payet n'a pas brillé.
De retour de blessure, Dimitri Payet n'a pas brillé. — B. Horvat / AFP
  • Ecrasés par Rennes (1-3) une semaine après une raclée à Monaco (1-6), les Marseillais se font chahuter par leurs supporters.
  • Du «ils sont un peu durs» de Maxime Lopez au «on a été nuls c'est vrai» de Grégory Sertic, cinquante nuances de réactions en zone mixte.

On le sait, les joueurs de foot sont « média-trainés ». En centre de formation, c’est langue de bois LV2, et tout au long de leur carrière, on apprend aux footeux les techniques de base de la communication. Ont-ils des cours de communication de crise ? Si c’est le cas, les Marseillais ont eu l’occasion de passer de la théorie à la pratique, ce dimanche : ils viennent d’enchaîner deux défaites humiliantes, ont encaissé neuf buts en deux matchs et, cette fois, leur public est vraiment fâché. Comment déminer tout ça ? On a noté quatre techniques différentes.

>> A lire aussi : OM-Rennes (1-3): Marseille n'a pas digéré Monaco et vomit sa tisane... Naufrage au Vélodrome

La technique Garcia-Germain-Rami : relativiser. Le mal est-il profond ? « Non, on n’avait pas notre effectif à 100 %, il y avait beaucoup de blessés ou de suspendus », assure Rudi Garcia. On lui rétorque que ce sera toujours plus ou moins le cas. « Oui mais là, quand même, avec la fin du mercato… »

>> A lire aussi : Ligue 1: Humilié par Rennes, l'OM se fait aussi troller par Amiens sur Twitter

Pour Adil Rami, « ce n’est pas le moment de juger les individualités » et « il ne faut pas s’alarmer ». Valère Germain, lui, trouve « dommage cette vague de négativité » et nous refait le coup du « bilan globalement positif » de Georges Marchais* : « On est qualifiés en Europa League, on avait 7 points sur 12 avant ce match. » Du coup, ça fait 7 points sur 15 et ce n’est pas glorieux. Et les supporters réclament la tête de Garcia. A-t-il été affecté par ces chants hostiles ? « C’est normal, ils veulent une équipe conquérante, pas cette première période insipide. » Quand c’est comme ça reprend le coach, « on ne dit rien, on se tait, on bosse. »

La technique Sertic-Payet : être compréhensifs. Grégory Sertic a fait un match immonde, mais il a le mérite d’en avoir conscience. « On a été nuls », souffle la frêle sentinelle. « On dirait quand on est sur le terrain qu’on n’a pas de caractère, mais on en a », reprend l’ancien Bordelais, qui l’assure, non sans poésie (allitération + rime pauvre, on se contente de peu) : « les sifflets, ça fait mal mais c’est normal. »

« On a l’habitude d’entendre ça (les "Garcia démission") », renchérit Dimitri Payet. « Ça va motiver le coach. On est avec lui. » C’est déjà ça.

La technique Lopez : implorer la clémence. Il faut le dire, il est plutôt mignon, Maxime Lopez, quand il se pointe en zone mixte, tout timide, son visage poupin empourpré d’une touche de fierté les soirs de victoire, d’une ombre de honte les soirs de défaite. Le minot (19 ans) a essayé d’utiliser la même technique pour implorer la clémence des supporters marseillais. On lui demande s’il comprend les sifflets : « Oui et non. Ils sont quand même un peu durs… Mais on sait qu’ils sont très exigeants. »

Point bonus. La technique Evra : esquiver la zone mixte. Il l’a encore répété cette semaine en interview dans La Provence, Tonton Pat', il assume, il monte au front quand ça va mal, il n’a pas peur de parler de ses prestations. Bizarre alors, le latéral gauche de l’OM a dû se perdre dans les couloirs du Vélodrome : on ne l’a pas vu en zone mixte, ce dimanche soir. En même temps, on ne l’avait pas vu non plus sur le terrain…

* Après Churchill, Chateaubriand et De Gaulle dans notre compte rendu, voilà donc qu’on cite Georges Marchais… C’était une soirée « citations evene.fr » sur 20 Minutes.