Les calanques polluées par des excréments? Cassis réclame trois millions d'euros pour diffamation

JUSTICE La ville de Cassis s’estime diffamée par un reportage de France Télévisions sur la pollution dans les calanques…

J.S.-M. avec AFP

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Vue aérienne en date du 30 juin 2015 du Parc national des Calanques dans les Bouches-du-Rhône
Vue aérienne en date du 30 juin 2015 du Parc national des Calanques dans les Bouches-du-Rhône — BORIS HORVAT POOL
  • Le parquet a requis la relaxe.
  • Le jugement sera rendu le 7 novembre.

La ville de Cassis (Bouches-du-Rhône) réclame plus de trois millions d’euros à France Télévisions pour un reportage d' Envoyé spécial qu’elle juge diffamant. Dans cette enquête, la journaliste évoquait des rejets d’eaux usées d’une station d’épuration aux abords de Cassis, en plein parc national des calanques. Elle interviewe un apnéiste, Michel Dron, qui plonge à une centaine de mètres de la plage, à cinq mètres de profondeur, et filme lui-même une canalisation débouchant dans la mer. L’apnéiste parle de « tourbillon d’excréments », et la journaliste explique en voix off que « pendant la saison touristique, la station déborde ».

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La maire LR de Cassis, Danièle Milon, qui poursuit en justice le groupe de télévision publique et un plongeur qui a filmé pour Envoyé spécial sous la mer, assure avoir été « extrêmement choquée » par le reportage « Calanques en eaux troubles ».

Un « phénomène naturel » selon le directeur de la station d’épuration

Danièle Milon a cité à la barre de nombreuses études prouvant la bonne qualité des eaux de baignade de sa ville, a assuré qu’il était « impossible que des excréments sortent à cet endroit ». Le directeur de la station d’épuration de Cassis, Fabien Pinna, interrogé comme témoin, a expliqué que même en forte saison, la station était bien en dessous de son débit maximal. Selon lui, le panache qui apparaît sur les images du plongeur est « un phénomène naturel, quand l’eau douce entre dans de l’eau salée », à cet endroit où débouche la canalisation rejetant les eaux traitées.

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« Un propos peut être désagréable sans pour autant être diffamatoire », a plaidé l’avocat de France Télévisions, Louis-Marie de Roux : « Personne ne dit que ce rejet, pour désagréable qu’il soit, est illicite ou illégal ». Le parquet, retenant la « bonne foi » de France Télévisions comme de l’apnéiste Michel Dron, a requis la relaxe. Le tribunal a mis sa décision en délibéré au 7 novembre.