Marseille: Nouveau coup de gueule des commerçants pour plus de propreté dans le centre-ville

PROPRETÉ Les commerçants du centre-ville de Marseille n’en peuvent plus de la saleté ambiante et réclament une réunion entre les différents acteurs…

Adrien Max

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Une agent de la métropole en train de nettoyer les rues de Marseille.
Une agent de la métropole en train de nettoyer les rues de Marseille. — PATRICE MAGNIEN/20 MINUTES/SIPA

Le sujet revient sans cesse en boucle et pourtant rien ne change, ou presque. Dans un communiqué de presse daté du 29 août dernier, la fédération des commerçants des Bouches-du-Rhône, Terre de Commerce, dénonce une nouvelle fois la saleté ambiante dans le centre-ville de Marseille. C’est ainsi qu’il débute : « Ce matin, le centre-ville de Marseille est dans un état de saleté indescriptible. Les papiers, le verre cassé, les détritus… jonchent les trottoirs, les places, les rues de notre hypercentre. »

Marina Minard tient une boutique de prêt-à-porter dans la rue Paradis, une des rues censées être les plus « huppées » de la ville. Elle est en première ligne face à ce problème. « Cet été a été catastrophique. Les gens qui se promènent dans le centre-ville sont obligés de slalomer entre les déchets en décomposition et les rats », déplore cette commerçante. Les commerces du centre souffrent déjà énormément de la concurrence des centres commerciaux (un de plus va ouvrir aux abords du stade Vélodrome) et d’Internet, ils n’en peuvent plus de cette situation qui ne change pas.

Chacun doit prendre ses responsabilités

Les commerçants tentent pourtant de faire leur maximum pour redynamiser le secteur, mais ils ont l’impression de ne pas être accompagnés par les pouvoirs publics dans leur démarche. Selon Tony Sessine, président de Terre de Commerce, il faut que chacun prenne ses responsabilités. « On essaye de redynamiser le centre en organisant des braderies comme celle du week-end dernier, les habitants viennent et ce n’est pas propre », se désole-t-il avant d’ajouter : « Comment voulez-vous que les gens aient envie de se promener dans des rues pourries comme les nôtres ? Même après le ramassage ça reste sale. »

Les fortes chaleurs et le vent violent qui a balayé Marseille cet été ont même aggravé la situation. « On nettoie tous les jours notre commerce pour que tout soit nickel, et il suffit qu’il y ait un coup de vent pour que toutes les saloperies rentrent chez nous », explique Marina Minard qui à l’impression que les rues sont toujours plus sales, et toujours plus encombrées de déchets en tout genre.

Aucune réunion prévue

Devant cette situation qui ne va pas en s’améliorant, bien au contraire, Terre de Commerce réclame une réunion au plus vite avec les différents acteurs du dossier : « Nous avons été nombreux à voyager cet été, à découvrir des villes propres et donc à constater que ce problème est loin d’être irrémédiable. Nous souhaitons que soit trouvée rapidement une solution concertée et efficace à ce problème récurrent. » Tony Sessine va même plus loin : « Quand Emmanuel Macron est venu à Marseille, les rues étaient propres, pourquoi ne pouvons-nous pas le faire tous les jours », s’interroge-t-il.

La métropole Aix-Marseille-Provence, qui a la compétence de la gestion des déchets, indique que « le travail assuré jusqu’à présent par la régie relève, depuis le vendredi 1er septembre, d’un nouveau prestataire privé qui assure donc le nettoyage des rues. » Quinze balayeuses et arroseuses ont dû être placées en maintenance avant d’être confiées au nouveau prestataire privé, ce qui peut expliquer l’état de certaines rues ces derniers jours, selon la métropole. Monique Cordier, l’élue en charge des déchets, n’a pas souhaité répondre aux sollicitations de 20 Minutes, estimant qu’il était trop tôt pour tirer des conclusions de ce changement. Une conférence de presse est prévue en octobre, mais aucune réunion entre les acteurs publics et les commerçants n’est à l’ordre du jour.