Des élèves migrants suivent un cours à Miramas
Des élèves migrants suivent un cours à Miramas — Boris Horvat/AFP

EDUCATION

Marseille: Des classes pour aider les lycéens réfugiés

Parce qu'ils n'ont ni le même parcours ni les mêmes besoins que les autres lycéens, des classes dédiées existent dans l'académie d'Aix-Marseille.  

  • L'académie d'Aix-Marseille compte 7 Modac
  • Ces classes est destinées aux migrants de plus de 16 ans
  • Elles visent à pouvoir les orienter l'année suivante dans un parcours scolaire classique

Ce lundi, après deux mois de repos, les lycéens retrouvent leurs potes et leurs bahuts, des anecdotes de vacances plein le sac à dos. Mais l’insouciance n’est pas la même pour d’autres jeunes élèves de leur âge. Dans l’académie d’Aix-Marseille, des structures prennent en charge la scolarisation des réfugiés tout juste arrivés en France. C’est ce qu’on appelle notamment les Modac, pour module d’accueil et d’accompagnement.

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Ce dispositif accueille pendant un an les élèves de 16 ans et plus nouvellement arrivés en France et ne maîtrisant pas ou peu la langue française. Il vise d’abord et avant tout à aider ces jeunes réfugiés dans leur maîtrise du français. « Ils n’ont pas tous le même niveau de langue, explique Nicole Fabre, enseignante spécialisée dans ce type de public. Un Algérien qui aura eu le français dans l’oreille dans la rue ne parlera pas pareil qu’un Pakistan qui ne l’a jamais eu. Il faut vraiment faire de la pédagogie et j’ai toujours trois à quatre niveaux dans un même cours. »

Quand les profs deviennent des décodeurs 

Mais la tâche de l’enseignant ne se résume pas à des cours de remise à niveau en français. « Ces jeunes sont en perte de repère, explique-t-elle. Tous ne sont pas en situation régulière. Ils ont un grand besoin d’être sécurisé. Pendant les cours, je travaille sur les codes culturels, sur ce qui est normal chez nous qui ne se fait pas chez eux. Rien que d’apprendre à saluer une personne… »

Selon l’enseignante, apprendre la langue aide ces jeunes déracinés, « dont certains ont vu des choses très violentes » à accepter ce qu’ils vivent. « Tu apprends le présent pour pouvoir dire qui tu es, tu apprends le passé pour pouvoir raconter ce qui t’est arrivé à la préfecture », énumère-t-elle.

Une rentrée décalée

Avant de rejoindre les bancs de l’école, chaque jeune réfugié est pris en charge pas un Centre académique pour la scolarisation des élèves allophones nouvellement arrivés et des enfants issus de familles itinérantes et de voyageurs (Casnav). Après avoir passé un test pour évaluer leur niveau, ils sont orientés vers les structures dédiées. Mais le rectorat a à cœur d’intégrer progressivement ces jeunes migrants.

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Aussi ne font-ils pas leur rentrée des classes en même temps que les autres « On y va doucement, confie Gwenaëlle Gaydon, chargée de mission pour la mission lutte contre le décrochage scolaire auprès du rectorat. Certains n’ont jamais été scolarisés antérieurement, on ne va pas les noyer dans la masse. On les reçoit individuellement. »

Un nombre croissant

Puis début octobre, les jeunes sont accueillis en groupe dans leur futur établissement. La constitution de la classe se fait en fonction du lieu de résidence du jeune lycéen, mais aussi parfois en fonction du pays d’origine. « On essaie de créer des groupes sans conflits de nationalité », poursuit Gwenaëlle Gaydon. Ces élèves « qui forcent l’admiration » regagnent ensuite un parcours scolaire classique en enseignement général ou professionnel.

Le nombre de lycéens pris en charge par les Modac ne cesse de croître dans l’académie Aix-Marseille, porte de la Méditerranée. Pas moins de 189 jeunes avaient intégré le dispositif tout au long de l’année 2016-2017, contre 154 l’année scolaire précédente. L’académie compte sept Modac, dont trois à Marseille.