OM: Rudi Garcia, tisane et mercato... Vingt réflexions suscitées par la défaite à Monaco

FOOTBALL Un article à lire au petit déjeuner, avec pas mal de tisane pour accompagner...

A Monaco, Jean Saint-Marc

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"La vache, j'espère que Deschamps regardait le film sur Diana ce soir..."
"La vache, j'espère que Deschamps regardait le film sur Diana ce soir..." — V. Hache / AFP
  • L'OM de Rudi Garcia a été corrigé 6-1 par Monaco, ce dimanche soir, pour le premier vrai test de l'OM Champions Project, saison 2.
  • Une raclée qui suscite pas mal de réflexions, qu'on a couché sur le papier plus ou moins dans le désordre. 

« Quel cauchemar », lance La Provence ce lundi matin. Le titre est excellent, mais, malheureusement pour vous si vous êtes supporter de l'OM, ce n'était pas un cauchemar. Non non, ce 6-1 encaissé sur la pelouse de l'AS Monaco était 100% réel, une branlée authentique dont on tire pas mal d'enseignements. Plus ou moins sérieux, les enseignements, vous nous connaissez. Voilà les vingt réflexions qui nous sont passées par la tête pendant ou après ce match.

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  • 1. L'équation du soir : quatre défenseurs médiocres + un moyen = une défense en bois. MAIS QUELLE SURPRISE ! Qui l'eût cru ? Il ne suffit pas d'empiler les défenseurs pour faire une arrière-garde solide. D'ailleurs, sur le premier but monégasque, ce n'était pas un Monégasque qui a échappé au marquage, mais... Trois ! C'est le moment où l'on s'est dit que l'OM pourrait aligner 15 défenseurs, il n'y en aurait pas un seul au bon endroit au bon moment...
  • 2. Le théorème Rudi Garcia : combien faut-il encaisser de buts pour qu'il arrête de pleurnicher sur l'arbitrage ? Rudi et les arbitres, une belle et longue histoire d'amour. On se demandait s'il oserait sortir l'argument de l'arbitrage ce dimanche, après une telle branlée. Du style « le tournant du match, c'est ce deuxième but sur un pénalty injustifié, après un premier but où le coup franc n'est pas tiré là où l'arbitre a sifflé. » Hé bien presque : « Le premier pénalty n'y est pas, mais quand on prend 6-1, c'est juste de notre faute. » 
     
  • 3. Rudi Garcia « assu-mais ». La vanne est naze, mais à notre décharge, il est plus de 4 heures du mat'. En tout cas, ce « mais quand on prend 6-1 » est un bon exemple de la rhétorique d'un Garcia particulièrement défait, ce dimanche soir, dans la salle de presse de Louis-II. Un Garcia qui « assume », martèle qu'il est « le seul fautif », que sa compo « n'était pas la bonne ». MAIS qui rappelle que son équipe est fatiguée, qu'elle a joué il y a seulement trois jours, que de nombreux joueurs sont blessés. « Mais on ne se cache derrière rien », nuance-t-il une dernière fois.
     
  • 4. A jamais les premiers avec les compos improbables. Nostalgiques des 3-3-3-1 de Marcelo Bielsa ? Pas de souci, Rudi « El Manceau » Garcia vous propose un 5-4-1 avec huit joueurs défensifs et Jordan Amavi ailier gauche. Une innovation aussi foireuse que la tactique de l'an dernier, avec Alessandrini latéral. Et, en plus, RG est resté coincé dans son erreur : il a fallu attendre la mi-temps (et quatre buts monégasques) pour qu'il se décide à bouger son système. 

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  • 5. Tiens donc, ça chaufferait pas un peu pour l'ami Rudi ? Les supporters de l'OM présents à Louis-II ont mis un petit coup de pression juste avant la mi-temps, avec un début d'envahissement (rapidement maîtrisé). On le sait, les Marseillais sont impatients. Et l'enchaînement matchs pas terribles / mercato frustrant / humiliation chez un rival va attiser leur colère. On ne serait pas étonné de voir les premières banderoles « Garcia démission » lors du prochain match au Vélodrome, face à Rennes.
  • 6. C'est quand même beau, le foot à hauteur d'homme. OK, désolé, celle-là fait un peu privilégié. Mais pour ne rien vous cacher, la tribune de presse de Louis-II est très basse, quelques mètres seulement au-dessus du terrain. Et c'est un régal, ça nous change de notre pupitre habituel, perché au septième étage du Vél'.
     
  • 7. Fashion faux-pas : le pantacourt de certains joueurs de Monaco. Ces shorts et ces pantacourts blanc sont peut-être parfaits pour les soirées sur les yachts monégasques  mais sinon, sérieusement ? On comprend que Mbappé préfère le costard qui sert d'uniforme aux joueurs du PSG...
  • 8. On avait raison de s'inquiéter après les deux-trois derniers matchs tristounes de l'OM. « 14 matchs sans défaite », nous répondaient, comme un mantra, coach et direction. Sauf que ces matchs médiocres (contre Angers, Nantes, ou à Domzale) et surtout ce match retour en trompe l'oeil face aux Slovènes (3-0) étaient bien annonciateurs de la catastrophe monégasque : une défense qui tremble des genoux face aux ailiers du 4e de D1 slovène peut-elle résister aux Lemar et consorts ? Nope. 

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  • 9. ​Leo Jardim est quand même un sacré coach... Le Portugais a longtemps été moqué par une Ligue 1 franchouillarde. Avant de faire taire tout le monde avec ce titre l'an dernier, apogée d'une saison exceptionnelle. Jardim va-t-il continuer à fermer des bouches cette saison ? Quand on voit la saignée qu'a encore subi son équipe cet été (Silva, Mendy, Bakayoko, Mbappé, entre autres) et son niveau, sa cohérence, ce dimanche... On y croirait presque.
     
  • 10. Combien de litre de tisanes pour digérer cette débâcle ? On a hâte de découvrir la stratégie de com' du président Jacques-Henri Eyraud après cette raclée. Surtout si l'OM fait une fin de mercato décevante et ne parvient pas à attirer le grand attaquant tant promis. Oui, pour faire passer une conférence de presse de présentation d'un Jamel Saihi (ou autre « panic buy » quelconque), il faudra plus qu'un PowerPoint et deux-trois blagounettes. Allez Messieurs, vous avez trois jours pour sauver la saison (pas de pression). 
     
  • 11. L'OM toujours aussi bidon sur coup de pied arrêté (et Monaco toujours aussi fort). L'ASM a marqué 14 buts cette saison... 10 l'ont été sur coup de pied arrêté. On n'a pas trouvé la stat' inverse, mais l'OM est catastrophique depuis un an dans ce secteur de jeu. A chaque fois qu'un joueur fait faute dans la moitié de terrain marseillaise, on tremble. Et c'est fréquent, n'est-ce pas Monsieur Gustavo ?
  • 12. « L'OM est classé combien au championnat des deuxièmes mi-temps ? » Celle-là nous a été soufflée par un confrère, mais on la reprend telle quelle, parce que c'est brillant. Référence au fameux « on aurait bien aimé gagner la deuxième mi-temps » de Rudi Garcia. Un voeu pieu, puisque l'OM a « perdu » cette deuxième période 2-1. 
     
  • 13. L'Equipe n'a pas inventé les notes négatives pour ce match, dommage. La blague tournait sur Twitter en deuxième mi-temps : si le quotidien sportif veut lancer le concept des notes négatives, comme en prépa, c'est le match où jamais. Finalement, nos confrères sont restés gentils, avec ce 10/10... Pour l'ensemble de la défense marseillaise. Ah ouais, ça fait pas cher par tête...
  • 14. L'OM ne peut même pas se dire qu'il est débarrassé de la corvée... Avec la poisse des Marseillais au tirage, on peut sans doute tabler sur encore deux confrontations avec les Monégasques, le retour au Vélodrome et disons un huitième de finale de Coupe de France. Et en plus, il faudra sans doute se fader deux fois Mbappé, avec le PSG cette fois. L'usure.
     
  • 15. Dis Manu Macron, tu veux pas virer Monaco de la Ligue 1 ? Ouais, les inégalités fiscales, tout ça, c'est une honte. Et puis bon, 18 buts encaissés en quatre matchs, c'est un peu lourd non. Comme le disait le président lui-même dans le docu Les Coulisses d'une victoire : « Merde ! Deuxième fois, putain ! » Quatrième fois Manu, quatrième fois...

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  • 16. Mais quelle soirée de merde... En plus, l'OM se fait chiper Jovetic. Si vous ne connaissiez pas l'expression « boire le calice jusqu'à la lie », illustration. Un club négocie longuement avec un joueur, qui signe, en toute fin de mercato, pour un rival... Le jour d'une défaite historique, chez ledit rival. Dingue, non ? C'est exactement ce qui s'est produit pour l'OM avec Jovetic, soufflé sur le fil par Monaco. Ce sont nos confrères de RMC qui sortent l'info :
  • 17. Positivons : on a vécu un moment d'Histoire ! Mais oui, ça faisait 20 ans que l'OM n'avait encaissé six buts ou plus en Ligue 1. On dira à nos petits enfants qu'on y était. « J'aime pas la tisane Papi, c'est une boisson de vieux ! »
     
  • 18. Luiz Gustavo prend vraiment trop de cartons jaunes. « Je ne suis pas un joueur méchant », nous jurait-il lors de sa conf' de présentation. On ne l'avait pas vraiment cru : on a bien fait. La sentinelle brésilienne n'a pas peur de mettre des taquets, ce qui est très bien, surtout dans un milieu de terrain marseillais un peu frêle. Mais Gustavo a quand même pris trois jaunes en quatre matchs de Ligue 1 (et un en Ligue Europa). Il sera suspendu contre Rennes. Tremble, Yannick Cahuzac, tes records pourraient tomber.
     
  • 19. Les Marseillais ne pourront plus chambrer les Parisiens avec le « 6-1 ». Dommage, c'était une de nos vannes préférées, notamment le mythique « 6-1 c'est la Champions League » déployé au Vélodrome après la Remontada. C'est fini les gars...
  • 20. Et si Rudi Garcia avait fait exprès pour faire sortir le chéquier à McCourt ? OK, celle-là est particulièrement yolo, en lien direct avec notre service des sports à Paris. On s'explique : le mercato marseillais n'avance pas trop, notamment sur le dossier du « grand attaquant ». En faisant n'importe quoi avec une compo foireuse, Rudi Garcia espérait secrètement prendre une branlée, sous les yeux du propriétaire américain de l'OM. Et ce lundi matin : « Salut Francky, la DRH (Doria, Rolando, Hubocan), ce n'est pas possible, signe un latéral droit, un central, une sentinelle et un attaquant please. »