VIDEO. Marseille: Dégun, Tarpin, Oaï... Le «parler Marseillais» indispensable pour les futurs étudiants

LINGUISME Bientôt la rentrée et son lot de nouveaux étudiants, voici un petit lexique à leur destination pour ne pas être perdu dans le «parler marseillais»... 

Adrien Max

— 

Marseille, son stade Vélodrome et sa « bonne mère ».
Marseille, son stade Vélodrome et sa « bonne mère ». — Claude Paris/AP/SIPA
  • Les principaux mots à connaitre, dégun (personne), tarpin (beaucoup), fada (fou), minot (gamin), peuchère (le pauvre) et oaï (bordel sens positif comme négatif)
  • Ne pas hésiter à demander la signification de tel ou tel mot, et attention à ne pas caricaturer l'accent marseillais. 

Chaque région de France a ses spécialités culturelles, culinaires, et linguistiques. Qui ne s'est pas déjà retrouvé confronté à un mot ou à une expression inconnue à son arrivée dans une nouvelle ville ? A Marseille ( Bouches-du-Rhône), ces particularités sont légions, nul besoin de venir de l'autre bout de la planète pour être perdu dans ce flot de mot inconnu. Le « parler marseillais » comprend un certain nombre de spécificités prosodiques (l’accent), phonétiques (la prononciation), syntaxiques (la construction de phrases) et surtout lexicales (les mots), comme l'explique le guide « Être étudiant à Marseille ».

Un guide des expressions et des mots typiquement marseillais est indispensable pour ne pas se retrouver taprin gêné au milieu oaï marseillais. Mederic Gasquet-Cyrus, maître de conférences à l’Université d’Aix-Marseille, chroniqueur sur France Bleu Provence et auteur du livre Le marseillais pour les Nuls, donne ses meilleurs conseils aux futurs étudiants marseillais et aux lecteurs de 20 Minutes

Le premier mot qu’un étudiant étranger doit apprendre en arrivant à Marseille, c’est sûrement dégun. De toute façon, il se rendra vite compte que tout le monde parle de dégun : y’a dégun ici, dégun là… on lui dira que dégun, ça signifie « personne ».

Autre mot important, surtout de nos jours, chez les plus jeunes et donc chez les étudiants, c’est tarpin. Qu’il y ait tarpin de monde au Vélodrome ou que les cours de chimie soient tarpin bien, il comprendra que tarpin est un adverbe qui signifie « beaucoup, très ». Tarpin utile !

Ensuite, les mots courants employés à Marseille et dans la région lui seront indispensables pour communiquer au quotidien : fada (fou), minot (enfant/gamin), peuchère (le/la pauvre), de longue (tout le temps), des verbes comme péguer (coller), bouléguer (bouger, secouer), s’engatser (s'amuser), rhéné (« nul »; prononcer le rh en « frottant » le r, comme en arabe: ce film est rhéné) et des petits mots très utiles comme tè ! (« tiens ! ») et vé ! (« regarde ! »). Sans compter les quèques et les cagoles, qu’il rencontrera très vite. »

Enfin, il est essentiel que les étudiants étrangers comprennent qu’il y a oaï et oaï : il y a le mauvais oaï, le désordre, le foutoir, le bordel (« c’est le oaï dans les rues »), mais aussi le bon oaï, la bonne ambiance, le délire, quand les supporters de l’OM mettent le oaï dans les virages ou quand on met le oaï dans un super concert de Massilia.

>> A lire aussi : Bordeaux: Poche, chocolatine… Une association traduit aux étudiants étrangers les mots du Sud-Ouest

Un conseil pour les étudiants : ne pas hésiter à demander la signification de tel ou tel mot, ça vaut mieux que d’avoir l’air couillon à employer un mot de travers. Et ça peut vite arriver ! Pour un apprentissage plus rapide, rien de tel que d'écouter en boucle les chansons du mythique groupe marseillais Massilia Sound System. 

Un dernier avertissement pour la route, attention à ne pas imiter l’accent marseillais : rien de plus vexant pour un autochtone que d’entendre un estranger forcer artificiellement sur les nasales (« oh putaing! tu manges du paingue? ») ou appuyer plus que de raison sur les e (« oh Bonneu Mèreu ! ») Pour apprendre le langage d’ici, la meilleure solution est d’écouter parler les Marseillais autour de vous, dans la rue, dans les cafés, au stade.