Comment les enquêteurs retrouvent les propriétaires d'œuvres d'art volées?

ENQUÊTE Les policiers d’Avignon recherchent les propriétaires de 700 œuvres et objets d’art dérobés depuis une vingtaine d’années. Zoom sur leurs méthodes…

Adrien Max

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Illustration d'un tableau
Illustration d'un tableau — Joel Saget afp.com
  • La cellule cambriolage du commissariat d’Avignon recherche les propriétaires de 700 œuvres d’art dérobées en 20 ans.
  • Différentes techniques sont utilisées : coopération du voleur, bouche-à-oreille et réseaux sociaux.
  • Si les propriétaires ne se manifestent pas les œuvres sont vendues en lot à l’issue d’un temps imparti.

Début juillet, un Avignonnais de 45 ans était interpellé pour une série de vol d’œuvres et d’objets d’art depuis 20 ans. Le réceptionniste d’un hôtel d’ Avignon (Vaucluse) l’avait reconnu alors qu’il avait dérobé un tableau dans l’établissement quelques semaines plus tôt. Les enquêteurs étaient tombés sur des centaines d’œuvres à son domicile. Sur certaines, l’homme, qualifié de kleptomane par les enquêteurs, avait inscrit le lieu et la date du larcin. Une chance dans le travail des enquêteurs pour retrouver les multiples propriétaires volés.

En tout, ce sont près de 700 œuvres retrouvées pour lesquelles les enquêteurs cherchent le propriétaire. Dans cette affaire, les policiers de la cellule cambriolage du commissariat d’Avignon bénéficient de l’aide… du voleur. « On demande toujours où la personne a commis le vol. Là, il est très coopératif donc ça facilite nos recherches », explique un policier.

Ils comptent également sur le bouche-à-oreille. « Le monde des antiquaires est un microcosme. Souvent quand une victime vient récupérer des objets, elle repère des objets appartenant à des connaissances », ajoute cette même source. Comme il volait ses victimes depuis un certain temps, il n’est pas rare que les propriétaires se soient fait dérober plusieurs œuvres. Certains ont récupéré jusqu’à 15 tableaux !

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Vendu en lot

D’autres méthodes, plus classiques, sont mises en œuvre. « On diffuse la liste d’objets volés sur Facebook, sur Twitter, on sollicite aussi la presse locale », explique-t-on à la cellule cambriolage du commissariat d’Avignon. Grâce à cette méthode, une vingtaine de propriétaires ont pu retrouver leurs biens. Ce n’est pas le tout de se faire connaître auprès des enquêteurs, les victimes doivent ensuite apporter la preuve de leur propriété. « On peut vérifier qu’il y a eu un dépôt de plainte, il y a aussi un fichier qui recense tous les biens volés », détaille les enquêteurs.

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Sur les 700 objets dérobés, ils espèrent retrouver 60 à 70 % des propriétaires. « C’est un assez bon chiffre. Dans les cas de vols de télévision ou d’autoradio, c’est beaucoup plus compliqué de retrouver les propriétaires. Là, on a à faire à des objets uniques », ajoute les enquêteurs. Si jamais le propriétaire ne se manifeste pas, les objets sont placés sous scellés au grief du tribunal de grande instance. Au bout d’un temps imparti, ils sont vendus sous forme de lot. « C’est un travail de référencement très fastidieux, c’est beaucoup plus sympa d’appeler les gens pour leur annoncer qu’ils peuvent venir récupérer leur objet », conclut la cellule cambriolage.