Suicide d'un détenu handicapé aux Baumettes: «On ne connaissait pas ses antécédents médicaux», répond la prison

PRISON Sa famille va porter plainte pour homicide involontaire. La directrice adjointe de la prison s'explique...

Propos recueillis par Jean Saint-Marc

— 

Un mirador de la prison des Baumettes.
Un mirador de la prison des Baumettes. — ANNE-CHRISTINE POUJOULAT
  • Un détenu qui souffrait de troubles psychiatriques sévères s'est suicidé aux Baumettes, le 10 août dernier.
  • «Cela fait partie des cas où l'on ne peut pas détecter qu'il y aura un passage à l'acte aussi rapide», assure à «20 Minutes» la directrice adjointe de la prison.

Un jeune homme de 20 ans s’est pendu, le 10 août dernier, à la prison des Baumettes, quelques heures après son incarcération. Ses parents ont annoncé ce lundi dans La Provence qu’ils vont porter plainte pour homicide involontaire. Ils ne comprennent pas comment l’état de santé de leur fils a pu être jugé compatible avec une garde à vue et une incarcération. Et se demandent si ses conditions de prise en charge étaient adaptées : le jeune homme, invalide à plus de 50 % pour des troubles psychiatriques, avait déjà fait plusieurs tentatives de suicide.

>> A lire aussi : Un détenu handicapé se suicide à la prison des Baumettes, sa famille veut porter plainte

Si elle ne s’exprimera pas sur la première question, qui relève de la décision du magistrat, la directrice adjointe des Baumettes  Sabine Moutot a accepté de répondre à 20 Minutes ce lundi après-midi pour préciser les conditions de détention du jeune homme.

Est-ce que l’administration pénitentiaire savait que ce jeune homme était handicapé et qu’il avait déjà fait plusieurs tentatives de suicide ?

On ne connaissait pas ses antécédents médicaux. Quand il a été examiné en entretien « arrivant », il ne nous a pas évoqué d’antécédents suicidaires. C’est lui qui nous le dit. Il nous dit qu’il a déjà été incarcéré dans une autre région mais on ne le connaît pas, on n’a pas d’éléments sur son état.

Il a donc été vu par un médecin ?

Le lendemain de son arrivée, il a subi l’examen médical normal pour tout arrivant. Il est arrivé vers 22 heures le 9 août, il a vu le médecin le 10 au matin. Là, les éléments m’échappent totalement, on est soumis au secret médical.

« La surveillance est régulière, mais elle n’est pas continue, ce serait contraire à toutes les règles de respect de la dignité »

Quand il y a un risque de suicide, le médecin nous le dit. En l’occurrence, nous n’avons pas eu d’élément sur un éventuel risque.

Et pourtant le jeune homme se suicide le soir même…

En début de soirée, oui. Il a utilisé ses draps.

N’était-il pas surveillé ?

Il était dans le quartier « arrivants », qui est justement un quartier spécifique, avec une prévention suicide importante, on sait que c’est un moment clé quand la personne est incarcérée, qu’il y a un risque. La surveillance est adaptée. Elle n’est pas non plus continue, il n’y a pas un surveillant sur chaque cellule toutes les minutes. Ce serait contraire à toutes les règles de respect de la dignité. La surveillance est régulière, adaptée, il y a beaucoup d’intervenants. Il fait partie des cas pour lesquels on ne peut pas détecter qu’il y aura un passage à l’acte aussi rapide.