Sauvetage d’une vieille dame à Avignon : « Ils ont été héroïques mais c’est toujours dur d’évaluer les risques »

INCENDIE Quatre jeunes ont sauvé une dame de 93 ans des flammes, mercredi soir, à Avignon. Comment décider s'il faut ou non intervenir en pareilles circonstances?...

Jean Saint-Marc

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Un pompier intervient lors d'un feu d'appartement, à Marseille (illustration).
Un pompier intervient lors d'un feu d'appartement, à Marseille (illustration). — BMPM / SM Etourneau

Dans l’escalier de la petite maison, la température est impressionnante, les flammes déjà très hautes. Mais le jeune Mohamed n’hésite pas. Simplement protégé par un tee-shirt enroulé sur son visage, il fonce au premier étage. Avec trois copains, qui eux tentent d’éteindre le feu avec des tuyaux, le jeune homme sauve la vie d’une dame de 93 ans, prise au piège.

« Si ça avait été ma mère, j’aurais aimé qu’on la sauve »

« On a rendu service, c’est tout. Si ça avait été ma mère, j’aurais aimé qu’on la sauve », a simplement témoigné son frère Oualid dans La Provence. Les quatre héros relativisent et restent très discrets. Dans le feu de l’action, ils n’ont peut-être pas eu conscience du danger encouru, reconnaît auprès de 20 Minutes, le capitaine Sébastien Hémon, qui dirigeait les opérations de secours ce mercredi soir : « Ils ont été héroïques, mais c’est vrai que c’est toujours dur d’évaluer les risques ». Et il n’y a pas de réponse simple à la question : faut-il forcément intervenir ?

« C’est toujours très compliqué. On n’est pas là à l’instant T, nous les pompiers on arrive quelques minutes après, le feu est déjà bien plus développé… Est-ce qu’il fallait y aller ou pas ? Je me garderai bien de le dire. En l’occurrence, tout se passe bien, on est sur une belle victoire. »

 

« Les jeunes l’ont fait comme ils le sentaient »

« Il n’y a pas de curseur pour la prise de risque, complète, en voisin, le porte-parole des pompiers des Bouches-du-Rhône, le commandant Christian Medani. C’est du ressenti, les jeunes l’ont fait comme ils le sentaient. » Evidemment, ces interventions peuvent aussi « se traduire par un échec », rappelle pudiquement le pompier. L’échec, c’est la victime supplémentaire, le sur-accident, comme sur la route ou dans l’eau… « Vous savez, le papa qui plonge pour sauver son fils et qui meurt d’hydrocution », illustre Christian Medani.

Cette décision que le jeune Mohamed a pris en quelques secondes, les pompiers y sont eux habitués… « Nous sommes formés à l’incendie, on connaît les procédures, on est équipés… Mais on doit faire des choix, on prend nous aussi des risques », rappelle Sébastien Hémon. En 2016, en France, sept sapeurs-pompiers sont morts au feu.