Tour de France 2017: Epuisé, Romain Bardet peine à choisir entre déception et soulagement

CYCLISME 52e du contre-la-montre de Marseille, Romain Bardet sauve sa place sur le podium pour une seconde… Il était assez abattu au moment de répondre aux journalistes…

Au stade Vélodrome, Jean Saint-Marc

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Romain Bardet a tout donné dans ce contre-la-montre.
Romain Bardet a tout donné dans ce contre-la-montre. — L. Bonaventure / AFP
  • Malade, épuisé par un Tour usant, Romain Bardet a raté son contre-la-montre à Marseille, terminant à la 52e place d'une étape remportée par le Polonais Bodnar.
  • Au courage, il devrait arracher une troisième place... Avant la «parade» sur les Champs-Elysées, il n'a qu'une seconde d'avance sur le quatrième, Landa.

C’est quand même un sport de fou, le vélo. Ça n’a rien de révolutionnaire, mais voilà ce qu’on a pensé, face à un Romain Bardet plié en deux, assis contre un mur du Vélodrome de Marseille, exténué après le contre-la-montre final du Tour de France. « Je suis à bout là, je suis fatigué, j’ai tout donné, c’est le Tour de France, il y a 21 étapes, des jours où on est bien et des jours où on n’est pas bien, aujourd’hui, ça n’allait vraiment pas » : on vous a retranscrit tout ça en une phrase car c’est ainsi qu’il l’a lâché, dans un souffle.

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Romain Bardet était donc malade en cette fin de Tour de France, c’est en tout cas ce qu’il a laissé entendre dans cette première déclaration éclair, à chaud : « Depuis quelques jours, je n’étais pas très bien au niveau de la santé et aujourd’hui j’ai payé la note. Je commence à bien connaître mon corps et je sais quand je suis bien et quand je ne suis pas bien. Le lendemain de l’Izoard, j’ai senti que j’avais le système immunitaire en délicatesse, je ne me sentais pas très bien ce matin au réveil. »

« Difficile de prendre du recul »

Il était alors 17h45. Romain Bardet a eu plus d’une heure pour se remettre un peu de ses émotions, comprendre qu’il avait bel et bien sauvé son podium, même d'une seconde. Pendant ce temps, les vainqueurs du jour défilaient, tout sourire, sur le podium pour le protocole et en salle de presse pour les interviews. On a vu un Froome mort de rire, un Uran tout sourire, un Bodnar presque étonné de sa victoire sur l’étape. Puis Romain Bardet s’est pointé, en tout dernier, plus d’une heure après son arrivée sous les vivats du Vélodrome. Romain Bardet s’est pointé et a tenté d’analyser tout ça.

« C’est difficile de prendre du recul, ça fait beaucoup d’émotions en trois semaines », a-t-il lâché après un long soupir. Avant d’osciller, tout au long de l’interview, entre le « pas de regrets » et le « c’est quand même un peu les boules » :

  • Pas de regrets sur ses choix et ceux de son équipe : « Tactiquement, on a presque fait une course parfaite. On a tout essayé. Ça fait plaisir de voir que l’équipe pèse, qu’elle peut lancer des mouvements qui font mal. »
  • Les boules d’être malade à la toute fin : « Je suis victime depuis quelques jours d’un refroidissement… C’est vraiment une épreuve d’endurance, le Tour. »
  • Pas de regrets pour le maillot jaune : « C’est sûr que l’appétit vient en mangeant, on est fier de s’être battu pour le maillot jaune. Mais il ne faut pas banaliser ce podium - si ça se confirme demain. C’était plus dur que l’an passé, j’étais attendu et on n’a pas du tout construit le podium de la même façon… »
  • Les boules d’avoir négligé sa préparation contre-la-montre ? Romain Bardet a lâché ça à chaud, dans une réponse en anglais à un confrère, et ça a un peu étonné tout le monde : « Je n’aime pas m’entraîner sur le vélo de chrono, c’est sûr que je le paye aussi aujourd’hui… A moi de faire plus d’efforts. Ça va me mettre un coup de boost. »

Tout au long de cette conférence de presse, l’Auvergnat affichait un petit sourire. Il a même tenté une blagounette à un confrère belge… Mais on sent que le moral n'est pas mieux haut. « J’ai hâte de passer à autre chose », lâche-t-il par exemple, alors que les « next questions » de l’attaché de presse s’enchaînent. Hâte d’en finir avec cette conf'... Avec ce Tour de France, aussi… « Il reste 100 kilomètres pour pas tout gâcher. »