Bagarre sur le port de Marseille pour aller aux toilettes: relaxe générale

JUSTICE Une bagarre avait éclaté dans les locaux syndicaux sur le port de Marseille, la CGT se voyant accusée de vouloir priver les militants FO d'un accès aux toilettes...

C.G. avec AFP

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Sur le port de Marseille-Fos.
Sur le port de Marseille-Fos. — Port de marseille Fos/Chaminas Laure
  • Le tribunal correctionnel de Marseille a relaxé quatre syndicalistes qui avaient déclenché une bagarre générale sur le Port
  • Des militants accusaient la CGT de vouloir les empêcher d’aller aux toilettes

Syndicalistes FO et CGT s'étaient battus en avril 2015 pour l'accès à des toilettes situées dans des locaux du Port de Marseille: le tribunal correctionnel de  Marseille les a renvoyés dos à dos, jeudi, prononçant une relaxe générale.

Le 2 avril 2015, une bagarre avait éclaté dans les locaux syndicaux, la CGT se voyant accusée de vouloir priver les militants FO d'un accès à ces toilettes. Deux leaders CGT et un chef de file de Force Ouvrière qui étaient jugés sur la base de citations directes croisées ont été relaxés ou ont bénéficié de la prescription, certaines violences alléguées ayant été considérées par les juges comme de simples contraventions et non des délits.

«Véritable mêlée de rugby»

L'«algarade» avait débuté lorsque les militants de la CGT (majoritaire) avaient voulu condamner une porte mitoyenne entre les locaux du comité d'entreprise et le local syndical FO en vissant une plaque de fer. «Nous avions prévenu la direction que cette porte avait été dégradée», avait expliqué au tribunal le 15 juin Pascal Galeoté, secrétaire général de la CGT depuis 2006. «Le 2 avril, avec des camarades, il a été décidé de neutraliser cette porte».

Ces travaux avaient fait réagir les responsables FO au motif qu'ils se voyaient ainsi privés d'un accès à des toilettes: une empoignade avait suivi, une «véritable mêlée de rugby» décrite devant le tribunal. Initialement saisi des ces échanges de coups, le parquet de Marseille avait classé sans suite l'affaire le 19 août 2015.

Etranglements et évanouissement

Bousculades, étranglements, évanouissement, empoignades pour faire cesser l'enregistrement de la scène sur un téléphone... Les protagonistes de cette bagarre s'étaient apaisés avec l'arrivée de membres de la sécurité du port. Selon Me Jérôme Pouillaude, à l'initiative des poursuites engagées par quatre militants FO contre deux syndicalistes CGT, «les témoignages sont concordants, des certificats médicaux sont parlants et une vidéo, même si elle montre peu de choses, établit clairement ces violences».

Lors de l'audience, le 15 juin, un mot d'ordre d'arrêt de travail avait été lancé sur le port et neuf fourgons de gendarmerie encerclaient le palais de justice. «C'est un procès un peu fou», avait relevé Me Philippe Vouland, défenseur des cégétistes selon lequel Force Ouvrière voulait «affaiblir le patron de la CGT des ports en entachant son casier judiciaire».

«On a voulu nous empêcher d'aller faire pipi»

Dénonçant «une instrumentalisation de la justice pour régler un compte», Me Vouland était remonté aux origines des deux syndicats portuaires «l'un, réformiste, financé par Washington, et l'autre, révolutionnaire, soutenu par Moscou». Une façon de faire oublier le mobile plus terre à terre exposé devant le tribunal par l'une des plaignantes Force Ouvrière : «On a voulu nous empêcher d'aller faire pipi».