VIDEO. Marseille: Kof, kof... Des écoliers interpellent les députés sur la pollution de l'air

ENVIRONNEMENT Des élèves d’une école primaire de Marseille réalisent une vidéo dans laquelle ils interpellent les députés sur la pollution de l’air…

Adrien Max

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Les élèves devant un ballon de 15.000 litres, l'équivalent de ce qu'ils respirent par jour.
Les élèves devant un ballon de 15.000 litres, l'équivalent de ce qu'ils respirent par jour. — Adrien Max / 20 Minutes
  • Depuis trois ans, des élèves d’une école marseillaise assistent des ateliers sur la pollution de l’air
  • Avec les associations Air Paca et l’Air et moi, ils réalisent des outils pédagogiques pour sensibiliser d’autres élèves
  • Ils ont enregistré une vidéo dans laquelle ils interpellent les députés sur le problème de la pollution de l’air.

C’est le grand jour pour une vingtaine d’élèves scolarisés en CM1 et CM2 à l’école Saint-Georges de  Marseille. Après trois ans de travail sur la question de la pollution de l’air, les élèves enregistrent une vidéo dans laquelle ils interpellent les nouveaux députés sur cette problématique. Et sur l’environnement plus globalement. Un travail réalisé en partenariat avec les associations Air Paca et l’ Air et moi. « C’est leur moment de consécration, beaucoup vont rejoindre le collège donc on voulait marquer le coup. Qui plus est dans le contexte d’une nouvelle Assemblée », explique Dominique Robin, le directeur d’Air Paca, en charge de la surveillance de la qualité de l’air dans la région.

La classe pose fièrement avec le diplôme.
La classe pose fièrement avec le diplôme. - Adrien Max / 20 Minutes

Depuis 2010 et l’ouverture du plan régional santé environnement, les associations Air Paca et l’Air et moi travaillent avec différentes écoles marseillaises sur cette problématique. « Notre but est de créer de l’information pour les enfants et qu’elle soit universelle. On a réussi à avertir près de 100.000 enfants en Europe, ce sont eux les meilleurs vecteurs de sensibilisation », ajoute le directeur d’Air Paca.

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Des ambassadeurs de la planète

Une profonde inspiration tandis que Victor-Hugo Espinosa, président d’Air et moi, distille ses dernières consignes et Fabio, bientôt 11 ans, peut se lancer face caméra… « Bonjour mesdames et messieurs les députés. Nous souhaitons vous dire quelques mots pour vous sensibiliser sur la planète. » Les quelques hésitations sont trompeuses, l’exercice est bien rodé. « On a déjà réalisé une vidéo pour la COP 22 qui a été diffusée à des enfants du Maroc. Ils ont l’habitude, ils sont devenus des vrais ambassadeurs de la planète », explique Victor-Hugo Espinosa.

Après avoir enregistré leurs messages sur la pollution liée aux transports, aux usines, ou sur des solutions pour résoudre ces problèmes, il est l’heure pour les élèves de recevoir leur diplôme. Comme un symbole, la remise se fait devant un grand ballon d’air. « Il représente la quantité d’air respirée chaque jour par un enfant, soit 15.000 litres ! » ajoute Victor-Hugo Espinosa, qui veut faire prendre conscience à tous les citoyens de l’urgence de la situation.

Les élèves en pleine réalisation de la vidéo.
Les élèves en pleine réalisation de la vidéo. - Adrien Max / 20 Minutes

Déjà une victoire

Après avoir dit le mot de la fin face à l’objectif, Lola et Fabio se prêtent volontiers aux jeux des questions réponses avec les journalistes. « Je pense que les députés vont nous regarder car l’avis de la jeunesse les intéresse, les enfants sont l’avenir et ils ont besoin de nous. S’ils pouvaient ajouter des lois contre la pollution ce serait bien », espère de tout son cœur Lola du haut de ses « bientôt 11 ans ».

Lola et Fabio se prêtent au jeu des interviews.
Lola et Fabio se prêtent au jeu des interviews. - Adrien Max / 20 Minutes

Aucune garantie pour que les députés regardent la vidéo de 3 à 4 minutes qu’ils leur enverront sur leur boîte mail, mais la mission est déjà en partie réussie. « Un jour une femme est venue me voir et m’a dit : “Je vous connais, vous êtes intervenus dans l’école de ma fille. Elle m’a interdit d’acheter des melons du Costa Rica, du coup j’en ai pris de Cavaillon.” Là, j’ai pris conscience que petit à petit l’oiseau fait son nid. », relate fièrement Victor-Hugo Espinosa, avant de rappeler que 600.000 personnes meurent chaque année prématurément de la pollution en Europe.