Marseille: Quand la métropole «innove» pour rattraper son retard en matière de déchets

ENVIRONNEMENT La métropole Aix Marseille Provence a présenté une série de mesures pour une meilleure gestion des déchets lors des rencontres de la propreté urbaine…

Adrien Max

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Un camion-poubelle à Marseille. (Illustration)
Un camion-poubelle à Marseille. (Illustration) — PATRICE MAGNIEN
  • La métropole d’Aix Marseille Provence a inclus des obligations de résultat dans les marchés publics pour la collecte des déchets et pour la propreté
  • Elle va imposer un système d’abonnement aux restaurateurs, gros producteurs de déchets
  • Elle prévoit la mise en place d’une déchetterie mobile pour le centre de la ville et parie sur l’installation de composteurs collectifs

La métropole d’Aix Marseille Provence se veut précurseure dans la gestion des déchets. Non, vous ne rêvez pas. A l’occasion des rencontres de la propreté organisée jeudi par l' Association des villes pour la propreté urbaine, la métropole a sorti le « grand jeu ». C’était l’occasion rêvée puisque  Marseille accueillait pour la première fois ces rencontres, alors qu’elle est membre de l’association depuis deux ans. A cette occasion, une trentaine de villes françaises et européennes se concertaient pour la mise en place d’actions pour la propreté.

Première annonce donc, qui n’en est pas une puisqu’on le sait déjà depuis un moment, la collecte des déchets est confiée à des prestataires privés pour les 1er, 2e, 3e, 14e, 15e et 16e arrondissements. « La gestion de la propreté et de la collecte des déchets du 3e et du 14e arrondissement a débuté le 1er juin, les autres arrondissements suivront à partir de septembre », explique Monique Cordier, adjointe à la propreté à la mairie de Marseille et vice-présidente de la métropole.

Les restaurants dans la ligne de mire

La nouveauté réside surtout dans l’obligation de résultat de ces marchés publics. Il consiste à ne pas observer, dans un cercle de 40 mètres, la présence de plus d’un déchet après l’intervention des agents. « Des contrôles seront bien évidemment opérés en interne dans ces entreprises, mais aussi de notre part », ajoute Monique Cordier.

La métropole vise également les professionnels de la restauration dans le centre-ville, parmi les plus gros producteurs de déchets. Si un Marseillais produit en moyenne 307 kilos d’ordures dans le 12e arrondissement, cette moyenne grimpe à 678 kilos dans le 1er. « Nous allons mettre en place un abonnement obligatoire pour tous les commerçants. Ce sera gratuit jusqu’à 70 litres par jour, puis le prix augmentera en fonction d’un barème. », détaille Rolland Mouren, en charge des déchets à la métropole. Il prévoit même d’obliger les plus gros producteurs à faire appel à des prestataires privés, comme c’est le cas pour les Terrasses du port.

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Déchetterie mobile et composteurs

La métropole a aussi profité de l’occasion pour présenter ces deux nouvelles mesures « innovantes » : une déchetterie mobile et des composteurs collectifs. Le premier dispositif devrait voir le jour à la fin de l’année 2017. Une camionnette sillonnera les territoires du centre-ville, éloignés des déchetteries traditionnelles, pour collecter les déchets recyclables comme les piles ou les ampoules. Une mesure déjà en place à Barcelone ou à Montpellier depuis plusieurs années. « Mais cela ne concerne en aucun cas les encombrants ! », prévient Monique Cordier.

Côté compostage collectif, la métropole compte 44 résidences équipées en 2017. Elle en a même installé un accessible à tous aux abords de la Canebière. « Alors qu’auparavant l’endroit était squatté par des SDF, l’endroit est désormais très propre », confie Monique Cordier.

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Sensibiliser

Eddie Prat, de l’association Un déchet par jour qui lutte pour plus de propreté à Marseille, semble sceptique quant à l’efficacité de ces dispositifs et s’en amuse :

« La vie est trop courte pour que la métropole prenne soin de la ville. »

Pour lui, le seul moyen pour que Marseille devienne une ville propre, c’est que ses habitants prennent conscience du problème. « Il faut absolument qu’ils arrêtent leurs habitudes de jeter leurs déchets par terre. Chacun doit faire sa part du job, c’est la part du colibri. » Pour cela il faut communiquer d’avantage, ce que ne fait pas assez la métropole selon lui. Ça tombe bien, elle compte justement se servir des actions annoncées un peu plus haut pour sensibiliser les Marseillais. Il n’est jamais trop tard pour se réveiller.