Marseille: Il prend le défi Monte-Cristo littéralement et enchaîne les évasions à la nage depuis des îles-prisons

NATATION Le nageur de l’extrême Jacques Tuset a eu l’idée de ce défi en participant au défi Monte-Cristo, à Marseille…

Jean Saint-Marc

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Jacques Tuset enchaîne les traversées.
Jacques Tuset enchaîne les traversées. — North Communication
  • Le nageur Jacques Tuset s’est « évadé » de 21 îles-prisons : le pénitencier d’Alcatraz, la forteresse Vauban, Robben Island…
  • Ce week-end, il s’aligne sur le défi Monte-Cristo, à Marseille. C’est cette course qui lui a donné l’idée de se lancer dans ce tour du monde

Les évasions « à l’ancienne » sont donc à la mode. Ce lundi, un détenu de la prison des Baumettes a tenté de s’échapper en creusant un tunnel sous les barreaux de sa cellule. Ce dimanche, Jacques Tuset va, lui, s’évader du château d’If, la célèbre île-prison de l’archipel du Frioul. Son défi est évidemment métaphorique. Jacques Tuset est un des 4.000 participants au  défi Monte-Cristo, un des événements de nage en eau libre les plus connus, dont la 19e édition se déroule ce week-end à Marseille.

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« J’en suis à 21 évasions », lâche dans un sourire le Montpelliérain de 53 ans. La route est encore longue : il a compté plus de 50 îles-prisons dans le monde entier. Quand il n’est pas dans l’eau, ce colosse travaille à la SNCF. Un colosse qui n’a pas honte de dire qu’il se prend pour Edmond Dantès : « Je nage le défi Monte-Cristo depuis la première édition, en 1999. C’est là que j’ai eu cette idée des évasions : j’ai évidemment lu le livre de Dumas, vu le film… Ça marque les esprits, quand vous nagez vers Marseille, on y pense, on se dit qu’à l’époque, s’ils avaient su nager… »

« Les prisonniers n’avaient pas de combinaisons néoprène »

S’il prend toujours autant de plaisir sur la mythique course marseillaise, Jacques Tuset reconnaît que les cinq kilomètres qu’il va parcourir ce dimanche ne sont pas les plus difficiles de sa « carrière » : « Pour m’évader de l’île du Levant, j’ai fait 25 kilomètres, l’île de Cabrera jusqu’à Majorque c’était aussi 25 kilomètres ! » Ce n’est d’ailleurs pas tant la distance qui peut gêner le nageur, qui a aussi traversé la Manche ou le détroit de Gibraltar (oui oui, il glisse ça comme ça tranquille, l’air de rien) :

Le pire, ce sont les courants ! A Rottnest, en Australie, je n’avançais pas… Tu vois le fond qui ne bouge pas, c’est horrible. L’eau peut aussi être très froide. A Robben Island, l’île où Mandela a été emprisonné, elle était à 12 degrés. »

Et il nage toujours en maillot (un bonnet/des lunettes/un slip et c’est tout) : « les prisonniers n’avaient pas de combinaison néoprène ! » Cette absence d’équipement lui assure aussi une reconnaissance de la communauté des nageurs. Il figure dans le palmarès des 50 nageurs les plus aventureux au monde, établi par le magazine spécialisé Open Water Swimming. « Je suis le seul français », glisse-t-il fièrement.

Jacques Tuset enchaîne les traversées spectaculaires.
Jacques Tuset enchaîne les traversées spectaculaires. - J.T. / DR

Jacques Tuset espère que ce début de célébrité (au moins dans le milieu) fera venir les sponsors. Pour l’instant, il finance ses aventures sur fonds personnels (« ce sont les vacances de la famille »). Et il s’appuie sur ses exploits pour récolter des fonds pour l’association France Choroïdérémie, qui soutient la recherche contre cette maladie génétique rare : « A l’adolescence, le champ de vision des malades se rétrécit. Je me dis que c’est un peu comme quelqu’un dans le fond d’une cellule, qui entr’aperçoit le trou d’une fenêtre. »