VIDEO. Vaucluse: De l’élimination du FN à Hulot, de Sciences-Po Aix à Veolia, Brune Poirson nouvelle secrétaire d’Etat.

REMANIEMENT La jeune députée LREM qui a battu le Front national sur ses terres de Carpentras a été nommée secrétaire d’Etat auprès de Nicolas Hulot ce mercredi…

Mathilde Ceilles

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Brune Poirson
Brune Poirson — Boris Horvat / AFP
  • Brune Poirson a été élue députée ce dimanche dans la circonscription de Marion Maréchal-Le Pen.
  • Elle occupe désormais le poste de secrétaire d’Etat.

L’ascension est fulgurante. Il y a un peu plus d’un mois, peu de monde avait déjà entendu le nom de Brune Poirson. Ce n’est pas lui faire offense que de l’écrire, la principale intéressée avait même ouvert une chaîne YouTube pour se faire connaître lors de son investiture comme candidate dans la 3e circonscription du Vaucluse par La République en marche.

Une circonscription détenue jusqu’ici par la frontiste Marion Maréchal-Le Pen et dans laquelle le FN fondait d’importants espoirs pour cette élection législative… jusqu’à ce que la nièce de Marine Le Pen décide de mettre sa carrière politique entre parenthèses.

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Une nomination surprise… même pour elle ?

Ce mercredi, la jeune Brune Poirson (34 ans) a créé la surprise en étant nommée secrétaire d’Etat auprès duministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot. Une promotion en forme de « récompense » selon les termes de son adversaire aux législatives Hervé de Lépinau. Brune Poirson est en effet parvenue à battre le FN dans son fief aux termes d’un scrutin très serré. « Je suis très inquiet pour notre électorat », indique Hervé de Lépinau, qui voit en cette promotion une future députée absente de sa circonscription, qui a « privilégié sa carrière ».

Chez ses proches, cette nomination a un goût de prophétie auto réalisatrice. « Je l’avais coaché pour aller dans la troisième, se souvient Jean-François Cesarini, référent départemental dans le Vaucluse de la République en Marche et élu récemment député de la première circonscription du Vaucluse. Je lui avais dit à l’époque : "si tu bas Marion Maréchal-Le Pen, tu finiras secrétaire d’Etat !" »

« La première fois que j’ai eu Brune Poirson au téléphone, c’était la nuit, j’étais à San Francisco et elle à Washington », poursuit-il dans un éclat de rire. Quelques semaines plus tard, au mois de février, tous deux se rencontrent à Avignon. La jeune femme vient de rentrer des Etats-Unis où elle travaillait avec pour projet de se présenter dans la cinquième circonscription sous les couleurs de LREM, où sa famille est implantée. La suite, on la connaît : en quelques mois, la jeune femme se décide finalement à se présenter dans la troisième circonscription, puis est élue après une courte campagne. Pour, un soir de juin, apprendre sa nomination par surprise ! « Je l’ai eu au téléphone hier soir, elle m’a dit qu’elle n’avait pas été prévenue avant ! », s’amuse Cesarini qui salue une « ascension fulgurante », dû selon lui à la « modernité » qu’incarne la jeune députée, qui a travaillé dans « la nouvelle écologie et les nouvelles technologies ».

Future présidente de la République ?

La députée, née aux Etats-Unis, a grandi à Apt et fait ses études à Sciences-Po Aix, avec un échange d’un an à la London School of Economics. Quand on lui parle de son ancienne étudiante, Guy Drouot, directeur de mémoire de Brune Poirson ne tarit pas d’éloges. « Une élève brillante, sympathique, gentille, spontanée ». La jeune fille est partie en stage au Laos après avoir suivi son cours sur la géopolitique de l’Asie du Sud-Est, où elle a notamment travaillé dans l’humanitaire.

Mais la jeune femme n’est pas si novice en politique, puisque sa première expérience professionnelle s’est faite comme assistante parlementaire aux côtés d’une députée travailliste. Elle a également travaillé dans le secteur public, pour l’Agence française de développement. Brune Poirson a enfin géré des projets de distribution d’eau dans les bidonvilles en Inde pour Veolia et occupait jusqu’alors un poste dans la recherche sur « l’innovation sociale et la responsabilité sociale des entreprises » à Boston, aux Etats-Unis. Sa nomination au gouvernement n’a étonné qu’à moitié son professeur qui « la voit aller au loin. Au moins ministre, et pourquoi pas présidente de la République ? »