Kalachnikov et grève des ordures... Les improbables cartes postales «Bisous from Marseille»

INSOLITE Un commerçant du Panier à Marseille commercialise des cartes postales satiriques sur les clichés de la ville, qui ne manquent pas de faire réagir…

Adrien Max

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Arnaud Busquet et ses cartes postales.
Arnaud Busquet et ses cartes postales. — Adrien Max
  • Arnaud Busquet a créé des cartes postales satiriques sur les clichés marseillais.
  • Certains s’en plaignent, dans une période où la ville tente de redorer son image.

Marseille et le pastis, Marseille et la violence, Marseille et les poubelles… Autant de clichés dont s’est servi Arnaud Busquet, commerçant dans le quartier du Panier, pour illustrer sa collection de cartes postales.

Le résultat ? Des photos d’amoncellements de déchets dans les rues de la ville agrémentés d’un « Bisous from Marseille » ou d’un « On pense à vous », des photos de gabians (goélands en français), de sardines ou de Kalachnikov.

Bisous des poubelles marseillaise
Bisous des poubelles marseillaise - Adrien Max

 

« Je me suis servi du même design que les cartes sur le Vieux-Port pour faire une satire de ces stéréotypes. », explique Arnaud qui réalise des objets à partir de verre recyclé, en plus des cartes postales. Le concept semble bien marcher, même s’il ne fait pas de lui un millionnaire. « Beaucoup de touristes prennent mes cartes en photo et j’en vends quotidiennement » ajoute-t-il.

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Surtout pour les jeunes

Derrière tout ça, il souhaite surtout faire parler et réagir : « J’évoque certains tabous que tout le monde connaît mais que personne ne veut voir. » Certains n’ont pas hésité à condamner « ces horreurs », notamment sur les réseaux sociaux, comme Bruno Lopez, fonctionnaire territorial à la métropole Aix Marseille Provence.

« Je trouve scandaleux qu’un commerçant ne joue pas le jeu alors que les acteurs politiques, économiques, sociaux et culturels se donnent du mal pour redorer l’image de notre ville », explique-t-il. Arnaud Busquet se défend de ces accusations, même s’il comprend que ça peut déranger certaines personnes : « Je pense qu’il faut connaître Marseille pour rire de ces cartes. »

Il évoque une grand-mère, opposée à ses cartes au départ mais qui en a finalement acheté une après avoir discuté de la finalité de sa démarche. « Elle m’a dit qu’avec ces cartes, ses petits-enfants lui répondaient alors qu’avant elle n’avait pas de réponse », raconte Arnaud, avant de concéder que les jeunes sont les plus friands de ses cartes.

Une triste réalité

Beaucoup des touristes sur le Vieux-Port considèrent que ces cartes postales donnent une mauvaise image de la ville. C’est le cas de Camille et d’Israël, jeunes touristes en provenance de Montréal :

Pour quelqu’un qui habite ici ça peut être drôle, mais pour quelqu’un qui ne connaît pas, ça donne l’image d’une ville sale, qui n’est pas accueillante.

Alex, Marseillaise de 28 ans, trouve au contraire le concept sympa : « C’est une réalité et le fait d’en rire permet de s’en détacher. »

Benoit Payan, qui a retweeté le message de Bruno Lopez partage cet avis. « Si la ville était propre ça n’existerait pas », explique-t-il. Malheureusement c’est bien une réalité, lui qui trouve que l’état des rues est catastrophique. Comble ultime selon lui : « L’objet touristique par excellence prouve que les rues sont sales. On peut se lamenter, il suffit de nettoyer. » Et ça, c’est le rôle de la mairie, pas des cartes postales.