OM: Comment Florian Thauvin a transformé son image, du sale gosse au parfait bon élève

FOOTBALL En arrêtant d'écouter les conseils de Tonton Adil, entre autres...

Jean Saint-Marc

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Toujours se mettre à côté du premier de la classe pendant les exams...
Toujours se mettre à côté du premier de la classe pendant les exams... — F. FIFE / AFP
  • Loin du garçon ambitieux/arrogant parti de Lille sur un bras de fer, Florian Thauvin est devenu un joueur plus consensuel.
  • Sa communication est beaucoup plus maîtrisée qu'auparavant. 

Dix petites minutes lors d’un match amical, et c’est tout. C’est mieux que lors de sa première convocation avec l’équipe de France mais ça reste maigre. La dernière fois, Florian Thauvin, arrivé en premier (de la classe) à Clairefontaine, était revenu à l’OM un peu frustré. « J’attendais, quand même… » avait-il lâché, un peu dépité, à Rudi Garcia, un jour d’entraînement. Mais devant la presse, pas un mot plus haut que l’autre.

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« Une belle expérience », « c’est compliqué à mon poste », « j’ai beaucoup appris ». A 24 ans, Florian Thauvin sait désormais que tout ne lui est pas dû. Il sait aussi tenir sa langue. Et on parie qu’il va faire de même cette fois-ci, après un nouveau stage en demi-teinte : une apparition en amical contre le Paraguay, un match éliminatoire contre la Suède vu de la tribune, et pas d’entrée en jeu contre l’Angleterre (Deschamps n’a fait que trois de ses six changements possibles).

Les supporters de l’OM râlent, mais lui fait profil bas : on est loin du jeune homme qui, il y a seulement quatre ans, se mettait en grève au LOSC et se justifiait maladroitement dans la foulée : « Il y a plus grave dans la vie. »

Le doigt sur la couture du short

Désormais, les interviews sont aussi ciselés que sa mèche. L’exemple parfait, c’est cette petite réaction pour le site de la Fédé, après sa première sélection en Bleu :

A part le clin d’œil à la fin, c’est le doigt sur la couture du pantalon (plutôt du short), une interview tout en maîtrise, 100 % langue de bois, où il répète quatre fois le mot « fierté ». « C’est très pro, il choisit son vocabulaire, on sent qu’il y a un lissage de sa communication, qu’il essaye de devenir un peu le gendre idéal », analyse Gilles Djeyaramane, chargé de communication et qui conseille plusieurs jeunes footeux. Il a d’ailleurs écrit une tribune sur la com' (parfaite selon lui) de Moussa Sissoko.

FloTov bien entouré

Pour lui, ça ne fait aucun doute : Florian Thauvin (comme la plupart des footballeurs, d’ailleurs) a été formé, « média-trainé », comme il dit. Le temps de l’amateurisme, avec le fameux Tonton Adil comme conseiller est loin derrière lui. Les intérêts de Florian Thauvin sont désormais gérés par un agent italien réputé, Fabrizio Ferrari. Et sa com' ? Mystère, mais clairement, c’est très pro.

« Quand on voit ses messages sur les réseaux sociaux, c’est bien fait, ce n’est pas excessif, mais il y a quelqu’un derrière, sans aucun doute », reprend Gilles Djeyaramane. Bien sûr, Florian Thauvin a aussi beaucoup gagné en maturité. « Comme un boxeur, ça lui a fait du bien de prendre des coups, il a beaucoup travaillé », nous disait un soir de match son pote Toifilou Maoulida. OK, OK. Mais il n’y a pas que ça :

Alerte ! Le service infographie a encore frappé.
Alerte ! Le service infographie a encore frappé. - Captures d'écran Twitter

« Sa gestion des réseaux sociaux est tout de même très formatée, nuance Louis Le Nevé, lui aussi conseiller de joueurs. Mais on sent qu’il cherche parfois à impliquer sa communauté, quand il a répondu à un supporter qui avait parié de se jeter dans le Vieux-Port… Ça, c’est bien, les gens se sentent plus proches ! »

Florian Thauvin vient aussi de participer à une opération de l’UNFP, le syndicat des joueurs professionnels, dont l’ambition est de mettre en avant les engagements associatifs des footballeurs, afin de redorer l’image de la profession. Florian Thauvin, mécène du Secours Populaire, a été sollicité par le syndicat.

« On voulait l’avoir dans la vidéo parce qu’il a un profil intéressant, qu’il est jeune, à l’OM et qu’il s’engage », explique le coprésident de l’UNFP Sylvain Kastendeuch. Et les polémiques passées alors ? « Ce n’était pas la principale motivation, bien sûr, mais c’est aussi intéressant dans l’histoire qu’on veut raconter. J’ai senti qu’il avait envie de tourner certaines pages, de montrer qu’il a mûri. » Qui en doutait ?