Mercato: Pour l'OM, le premier gros chantier, c'est la défense (et c'est pas donné, un défenseur)

FOOTBALL On parle beaucoup du retour de Bafé Gomis, de l’arrivée de Valère Germain. Mais l’OM s’active aussi pour recruter plusieurs défenseurs de standing…

J.S.-M.

— 

La défense de l'OM l'an prochain, une équation à pas mal d'inconnues.
La défense de l'OM l'an prochain, une équation à pas mal d'inconnues. — Photo : V. Hache (Montage : 20 Minutes)
  • La concurrence est rude pour recruter un défenseur central de haut niveau
  • L’OM doit aussi dégraisser à ce poste, et ce n’est pas si facile que ça…

Au départ, on voulait titrer « l’urgence, c’est la défense » : c’était sympa, ça rimait. C’était aussi faux. Il n’y a pas d’urgence : le mercato a débuté vendredi dernier seulement. Certes, le président Jacques-Henri Eyraud veut aller vite, annoncer des noms dès le mois de juin : ça permettra de booster la campagne d’abonnement et, accessoirement, de mieux préparer la Ligue Europa. Pas question pour autant de se précipiter : surtout au poste de défenseur central, où, selon France Football, l’OM prend son temps et recherche en priorité un international, qu’il ne souhaite vraiment pas surpayer.

>> A lire aussi : Agents avides, recruteurs concentrés, badauds curieux... On a traîné nos guêtres au tournoi de Toulon

Sauf que. C’est plutôt cher, en ce moment, un (bon) défenseur central. Apparemment, ça inquiète Rudi Garcia, qui a évoqué le sujet lors de la conférence de presse de bilan de saison : « Je pense que tous les grands d’Europe vont chercher des défenseurs centraux. En cascade, ça augmentera les prix. On n’aura peut-être pas le premier choix ! »

« Cette année, ce sont les attaquants et les centraux ! »

L’agent Christophe Hutteau confirme : « C’est très cyclique, le mercato… Certaines années, ça va être les latéraux gauche. Cette année, ce sont les attaquants et les centraux ! Tout le monde en veut, les tops clubs mais aussi les clubs en dessous. » Et « ce qui est rare est cher, c’est la loi de l’offre et de la demande », professe l’économiste Vincent Chaudel, du cabinet Wavestone. L’OM devra peut-être se rabattre sur « du second choix », pour paraphraser Garcia, ou sur « des joueurs plus expérimentés, comme Adil Rami, par exemple, qui sont forcément moins chers à l’achat car c’est un de leurs derniers contrats », précise Hutteau.

La demande, c’est le premier facteur de hausse des prix… Le deuxième, pour Vincent Chaudel, c’est l’évolution des postes défensifs dans le football moderne :

On ne leur demande pas uniquement de défendre ! L’évolution du poste de latéral le montre bien, regardez Dani Alves ou Marcelo. Un défenseur sérieux et rigoureux, ça reste dans les gammes de prix classique. Mais un qui est capable de casser les lignes, de couvrir plusieurs postes…

Outre un peu de solidité dans les grands matchs, c’est d’ailleurs ce qui manquait cette saison à l’OM : un défenseur excellent à la relance, qui crée des décalages. Pourtant, l’effectif était très riche à ce poste, avec six joueurs capables de jouer en défense centrale. Rudi Garcia l’a déploré plusieurs fois, évoquant une équipe « conçue en dépit du bon sens. »

Dégraissage compliqué

Voilà l’autre aspect du chantier en défense : dégraisser. Et ce n’est pas forcément facile. Karim Rekik va partir, Matheus Doria veut partir. En revanche, du côté des autres défenseurs, c’est silence radio. « Le joueur est toujours en position de force. S’il veut quitter le club, il part au bras de fer, mais s’il veut rester, il est assuré d’être payé jusqu’à la fin de son contrat », rappelle Chaudel. Pour lui, l’OM devra sans doute accepter de faire des moins-values et de signer quelques prêts, quitte à payer une partie du salaire.

« Ce sont toujours des situations compliquées, pour le conseiller comme pour le club, opine l’agent Christophe Hutteau. C’est difficile de les faire partir : l’OM est un super-club, ils touchent de très bons salaires, le climat est extraordinaire… La vie est douce, à Marseille ! »