Le Rhône est irrité d'être irisé

Frédéric Legrand - ©2008 20 minutes

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Les fleuves aussi ont leurs « marées noires ». L'association écologiste Robin des Bois a tiré la sonnette d'alarme au début du mois pour réclamer un meilleur suivi des pollutions du Rhône par déversements accidentels d'hydrocarbures. En compilant des articles de presse, Robin des bois a recensé plus de cent épandages de ce type dans le bassin du Rhône sur la période 2004-2007.

Selon l'association, les volumes déversés atteindraient un total de 300 tonnes d'hydrocarbures. « Ce genre de pollution est moins suivi et moins réprimé que les pollutions en mer, alors que la dilution des hydrocarbures dans les fleuves et les rivières est plus difficile », souligne Jacky Bonnemains, président de Robin des bois. « Une fois qu'il y a eu épandage dans un cours d'eau, il est presque impossible de récupérer le produit, note Romain Vernier, chef de la division environnement industriel à la Direction régionale de l'industrie, de l'environnement et de la recherche (Drire) de Paca. Il vaut mieux travailler à la prévention de ces accidents. » Problème : les sources de pollution aux hydrocarbures sont multiples : fuites sur des citernes de fuel domestique ou agricole, accidents de la route, mauvais écoulements des eaux de pluie, actes de malveillance... « Il faut d'abord établir un véritable inventaire de ces pollutions, à la fois sur leur origine et leur impact sur la faune et la flore », avance Jacky Bonnemains. La proposition avait été faite lors du Grenelle de l'environnement. Les associations attendent la réponse du ministère.