Marseille: Ouvertes depuis un mois, les Baumettes 2 suscitent déjà le ras-le-bol des surveillants

PRISON Les Baumettes 2, où 600 détenus ont été transférés il y a moins d’un mois, suscitent déjà l’inquiétude de certains surveillants…

Adrien Max

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Les surveillants du SPS devant les Baumettes II
Les surveillants du SPS devant les Baumettes II — DR
  • Mardi matin, les agents des services pénitentiaires ont manifesté devant le bâtiment pour exprimer leurs inquiétudes
  • « Les détenus n’en peuvent plus des conditions et ne se gênent pas de nous le faire savoir », raconte un surveillant

Ouverte depuis moins d’un mois, les Baumettes II suscitent déjà la colère de certains surveillants. Mardi matin, ils étaient quelques dizaines à répondre à l’appel du syndicat pénitentiaire des surveillants (SPS) pour exprimer leurs inquiétudes devant les portes du nouveau bâtiment. Aucun blocage n’a eu lieu, l’action se voulait pacifique.

Le 14 mai, 600 détenus rejoignaient le nouveau bâtiment des Baumettes 2. Mais visiblement tout n’était pas prêt pour les accueillir. « Il y a des dysfonctionnements avec les télévisions et les ascenseurs. », admet Christine Charbonnier, directrice interrégionale adjointe des services pénitenciers de Provence Alpes Côtes d’Azur - Corse.

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543 surveillants en première ligne

Des dysfonctionnements qui ont des incidences directes dans la gestion quotidienne des 1.800 détenus que compte la prison. Par exemple, les ascenseurs ne permettent pas de livrer aux détenus ce qu’ils ont commandé à la « cantine », sorte de supermarché dans lequel les détenus peuvent se réapprovisionner.

« Chaque ouverture de porte est source de conflit. Les détenus n’en peuvent plus des conditions et ne se gênent pas de nous le faire savoir. », raconte Cyril Antolin, du syndicat pénitentiaire des surveillants. Evidemment, les 543 surveillants des Baumettes sont en première ligne. « On passe notre temps à leur expliquer ce qui ne va pas alors que ce n’est pas du tout notre travail », ajoute-t-il.

Les surveillants du SPS devant le préfecture.
Les surveillants du SPS devant le préfecture. - DR

Christiane Charbonnier le reconnaît : « Ce sont des petits problèmes récurrents qui génèrent de la frustration dans un tel environnement. » Elle affirme que ces différents dysfonctionnements sont en train d’être traités et ajoute qu' « il ne s’agit que d’un syndicat minoritaire, avec les autres, c’est plus constructif. ». Syndicat majoritaire ou pas, le ministère de la Justice s’était engagé à créer 20 nouveaux postes de surveillants pour l’ouverture des Baumettes II. « On n’en a pas vu la couleur, peut-être qu’ils se sont perdus en route », déplore Cyril Antolin.

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Des plannings tardifs

La direction interrégionale des services pénitentiaires confirme que des surveillants vont être recrutés, mais le flou persiste autour du calendrier : « Les candidatures seront ouvertes lors de la prochaine commission partagée, mais il faudra encore un délai pour que le recrutement soit effectif. » Sachant que la commission partagée se tiendra en juin, ou en septembre, les renforts ne sont pas encore là.

Pas sûr que les surveillants s’en satisfassent, eux qui n’en peuvent plus de leurs conditions de travail. « Les plannings sont donnés au jour le jour, on ne sait pas si on peut prendre notre pause de midi et on a l’impression de passer notre vie là-bas », se désole Cyril Antolin. Après leur rassemblement, ils ont rejoint la préfecture puis la mairie, où ils ont demandé que leurs revendications soient remontées à la direction ainsi qu’au ministère de la Justice.