VIDEO. Var: Il crée une manette de jeux vidéo pour son beau-fils tétraplégique

INTERVIEW Une campagne de crowdfunding a été lancée pour que d’autres personnes handicapées puissent jouer aux jeux vidéo…

Propos recueillis par Mathilde Ceilles

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David et Théo avec la manette HandiGamer
David et Théo avec la manette HandiGamer — David Combarieu

Après des week-ends entiers à bidouiller, trifouiller et encore bricoler chez lui, à Saint-Cyr-sur-Mer (Var), il y est arrivé. Il y a quelques mois, David Combarieu a mis au point une manette de jeux vidéo utilisable par son beau-fils, avec qui il vit depuis tout petit, handicapé moteur après un accident. Après le lancement de la manette HandiGamer, une campagne de crowdfunding est en cours pour que d’autres personnes handicapées puissent à nouveau jouer aux jeux vidéo…

Quel est le point de départ de votre invention ?

En 2011, alors que Théo avait 16 ans, il a eu un accident de piscine. Il s’est retrouvé en fauteuil roulant avec une tétraplégie partielle. Il est paralysé de tout le bas du corps et des doigts. Les personnes qui se retrouvent dans cette situation doivent renoncer à pas mal d’activités. Le sport, les activités de plein air… tout ça devient très compliqué. Par exemple, il faisait de la guitare, il a dû abandonner. Or, les jeux vidéo faisaient partie des passe-temps possibles, accessibles. On a cherché des solutions. Sur Internet, il existe des manettes, mais qui ne sont pas satisfaisantes, notamment parce qu’il y a de gros boutons sur lequel il ne peut pas appuyer. Alors, j’ai commencé à faire une manette moi-même, en câblant d’autres boutons à ceux de la manette.

Comment avez-vous procédé ?

J’ai fait des études d’électronique et d’informatique. J’ai donc des connaissances pour faire ce genre de choses, mais ça a duré très longtemps. C’était très compliqué, on s’est lancé un peu à l’aveugle. Il y a eu deux versions avant d’arriver à un modèle fiable. J’ai commencé en 2015, et il m’a fallu un an pour parvenir à un résultat, après de nombreux week-ends. Mais Théo a beaucoup participé. Il m’a expliqué comment faire, où placer le bouton pour qu’il puisse taper dessus avec le poing. Le produit était destiné à son usage. Il était content quand il a pu à nouveau s’adonner à ce loisir.

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Pourquoi avoir lancé une campagne de financement participatif ?

Il y a sûrement beaucoup d’autres jeunes qui sont dans le cas de Théo. Dans un premier temps, l’argent récolté servira à réaliser d’autres prototypes que l’on présentera dans diverses associations ou centres de rééducation. L’objectif est d’en faire quelques-uns d’ici octobre, où l’on participera à un salon à Toulon et où on y fera des démonstrations. On a gagné un prix lancé par la Banque Postale, qui du coup a financé la moitié de la cagnotte, c’était super ! Dans un second temps, on aimerait qu’une vraie société découle de tout ça. Moi, ça me motive, parce que c’est gratifiant. Et puis, mon fils a fait des études de marketing et de communication. Il pourrait s’impliquer et s’éclater dans la création d’une entreprise. Et j’aimerais entrer en contact avec Sony et Microsoft pour qu’ils approuvent notre projet.