Santé: Des Marseillais vont révolutionner les tests contre la légionellose

INNOVATION Avec leur kit, on peut désormais dénombrer le nombre de légionelles en moins de deux jours... 

Mathilde Ceilles

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Les trois cofondateurs de C4Hydro
Les trois cofondateurs de C4Hydro — Mathilde Ceilles
  • Ces anciens chercheurs au CNRS ont découvert un moyen d’entourer les membranes des cellules pour les distinguer
  • Ils ont mis au point un kit qui détecte les légionelles en deux jours, contre 15 actuellement

Ils travaillaient sur tout autre chose, et ont trouvé presque par hasard un procédé révolutionnaire. Des anciens chercheurs du CNRS de Marseille ont découvert une technologie qui pourrait faciliter les contrôles contre la légionellose.

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La légionella pneumophila est une minuscule bactérie présente dans l’environnement qui peut causer de graves dégâts. Après s’être développée dans l’eau à une certaine température, notamment dans les canalisations d’eau chaude, cette bactérie peut provoquer la légionellose, une maladie pulmonaire infectieuse potentiellement mortelle, notamment auprès des plus fragiles. On dénombre près de 40.000 cas dans le monde tous les ans.

Un processus long en laboratoire

Pour éviter toute contamination, l’ensemble des 220.000 établissements français recevant du public et ayant un système d’eau chaude sanitaire est tenu de faire régulièrement des contrôles, de la salle de sport à la piscine en passant par le bateau de croisière, et même les municipalités qui doivent surveiller de près leurs fontaines publiques. Objectif : déterminer la présence ou non de légionelles, et savoir si cette bactérie continue de se développer ou est morte.

En Angleterre, les bailleurs de fonds privés ont même l’obligation de réaliser ces tests avant de louer leurs biens. Outre ces contrôles réglementaires, des auto contrôles réguliers sont effectués par les entreprises elles-mêmes par précaution. Le hic, c’est que le test le plus fiable pour parvenir à un tel résultat se fait aujourd’hui dans un laboratoire et sous une quinzaine de jours. Pendant ce laps de temps, l’établissement concerné demeure fermé et inutilisable.

Un test en 48 heures

Sam Dukan, Eric Agostini et Audrey Dumont vont peut-être changer la donne. Il y a une dizaine d’années, alors que Sam Dukan est directeur de recherche au CNRS de Marseille et Audrey Dumont postdoctorante, ils découvrent un moyen d’entourer la membrane des cellules à l’origine de la légionellose, afin de pouvoir les distinguer des autres cellules.

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A partir de cette technologie, avec Eric Agostini, ils fondent en août 2016 une start-up, actuellement basée à l’incubateur de Luminy, après avoir reçu l’aide notamment de la ville de Marseille, de la région et du département. « Avec ce kit, on prélève de l’eau, on suit le protocole simple, et après une période de 48 heures, si la solution se colore, c’est que la bactérie est présente », explique Sam Dukan.

Le kit C4Hydro
Le kit C4Hydro - Mathilde Ceilles

Avec son système baptisé Legio EZ-Test, commercialisé avant la fin du mois de juin entre 200 et 300 euros pour le kit de départ, puis entre 50 et 60 euros par analyse, cette start-up entend bien conquérir ce marché à fort potentiel quand on sait que dix millions de tests sont effectués chaque année. Une levée de fonds de 350.000 euros est bientôt terminée. De grands groupes de niveau mondial dans le domaine de l’hôtellerie ou de la gestion de bâtiments publics seraient déjà intéressés.