Le port autonome vogue bien

Léa Delpont - ©2008 20 minutes

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Le port de Marseille se porte bien, selon le bilan annuel présenté hier matin, en pleine polémique sur la réforme des ports français. Malgré une légère baisse du trafic, repassé en dessous des 100 millions de tonnes, le PAM a franchi en 2007 la barre symbolique du million de conteneurs (+10 %), « ce qui le place dans la même catégorie que ses confrères méditerranéens », se réjouit Christian Garin, président du conseil d'administration. « La baisse du trafic à 96 millions de tonnes est due à l'arrêt pour rénovation de hauts fourneaux d'Arcelor. Donc, pas d'inquiétude », affirme le directeur général Guy Janin.

Trois autres records auront marqué 2007 : l'augmentation de 14 % des croisiéristes (soit 429 000 personnes), le nombre historique de passagers (plus de 2 millions), la hausse de 6 % des marchandises diverses et du roulier. Au total, le chiffre d'affaires a grimpé de 1,5 % pour atteindre 184 millions d'euros.

Le port mise sur 134 millions de tonnes en 2011, 157 millions en 2015, grâce à l'amélioration des liaisons ferroviaires, à la mise en service du terminal gazier GDF2 et aux nouveaux terminaux conteneurs de Fos 2XL (et une foule d'autres projets à plus long terme, voire encore à l'étude, comme 3XL et 4XL).

Mais les bons résultats de 2007, et les perspectives si prometteuses, suscitent moins d'intérêt que le plan de réforme des ports français, annoncé la semaine dernière par le Premier ministre François Fillon en déplacement à Marseille. Pour le PAM, la loi signifie le transfert de 600 à 900 employés portuaires (grutiers, portiqueurs, personnels d'entretien des installations ou du terminal pétrole...) aux sociétés privées d'exploitation. Mais les modalités de cette « privatisation », à haut risque pour le climat social, restent à définir. La CGT « ne commente pas » les estimations de la direction marseillaise, soulignant que des discussions sont en cours à Paris. Mais le syndicat a déjà prévu trois assemblées générales la semaine prochaine pour prendre la température des troupes.