VIDEO. Marseille: Une affaire de menaces de mort refait surface, un suppléant LREM mis en cause par Mennucci

POLEMIQUE Said Ousmane Diallo et les équipes de Corinne Versini (La République en marche) nient les menaces et envisagent de porter plainte (une fois de plus) contre Patrick Mennucci...

Jean Saint-Marc

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La candidate LREM Corinne Versini (au centre) et son suppléant Saïd Ousmane Diallo (derrière elle), avec des militants.
La candidate LREM Corinne Versini (au centre) et son suppléant Saïd Ousmane Diallo (derrière elle), avec des militants. — B. Horvat / AFP
  • Les propos polémiques datent de 2012.
  • Les équipes de La République en marche jugent qu'il ne s'agit pas de menaces.
  • Elles évoquent une campagne « très difficile » à Marseille.

L’accusation circulait depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux… Une auditrice de France Inter l’a mise sur le devant de la scène, ce lundi matin, en interpellant Jean-Paul Delevoye, président de la commission d’investiture des législatives pour La République en marche : « Je suis très déçue, j’ai voté pour Monsieur Macron, mais malheureusement chez moi la candidate qui le représente a pris comme suppléant quelqu’un qui a menacé très violemment le candidat monsieur Mennucci… »

Sollicité par 20 Minutes, l’entourage de Patrick Mennucci a renouvelé ces accusations, précisant que les menaces dataient de 2012, après les dernières élections législatives. Dans un communiqué envoyé dans la foulée, Patrick Mennucci dénonce les « déclarations particulièrement inquiétantes à [son] endroit » de Said Ousmane Diallo.

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« Tu te souviens de Pyat, elle s’est fait tuer à Hyères »

Il joint des extraits de son mémoire de défense, issu de la procédure qui l’oppose à l’actuel suppléant La République en marche. Patrick Mennucci fait état d’une conversation où Said Ousmane Diallo tient des « menaces de mort indirectes ».

Enregistré à son insu, ce dernier évoque ce qui ressemble à une rencontre avec des voyous proches de Guérini, qui cherchaient à faire invalider l’élection de Patrick Mennucci : « Je les ai revus, […] ils m’ont dit que ce gros porc-là, si c’était pas la politique, il aurait disparu. La seule chance qu’il a, à l’heure actuelle, c’est qu’il est sous le feu des médias, sinon il lui serait arrivé comme à l’autre… Tu te souviens de Pyat, elle s’est fait tuer à […] Hyères ! […] Elle aussi, elle avait trop ouvert sa gueule. […] Ils veulent détruire Patrick parce qu’il a des trucs avec Guérini, il a mis les projecteurs sur Guérini. »

Un autre extrait de procès-verbal, envoyé aux médias par P. Mennucci.
Un autre extrait de procès-verbal, envoyé aux médias par P. Mennucci. - Capture d'écran

Dans un extrait de procès-verbal, également envoyé aux médias par Patrick Mennucci, le policier qui l’a entendu précise que Said Ousmane Diallo « considère n’avoir proféré aucune menace directe ou indirecte ». Il exprimait seulement « de façon enflammée » son « souhait que Patrick Mennucci n’évolue plus politiquement. »

« Pas de menaces » selon la candidate LREM

« Il n’y a pas de menaces, répète Corinne Versini à 20 Minutes. Ses propos ont été déformés, il y a d’ailleurs déjà une plainte en diffamation qui date de 2012… Si c’est possible juridiquement, nous allons porter plainte de nouveau. » Son suppléant n’a lui pas répondu à nos sollicitations, ce lundi matin.

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Jean-Paul Delevoye, sur France Inter, disait ne rien connaître de cette affaire puisque « la commission d’investiture n’a choisi que les candidats », pas les suppléants. Il a tout de même affirmé que « les menaces de mort ne sont pas dignes du débat politique » et rappelé à Corinne Versini « qu’elle est aussi responsable des propos de son suppléant. Elle doit prendre la décision de ne pas soutenir ce type de propos et de les condamner ».

Corinne Versini n’envisage pas, « a priori », de récuser son suppléant. La candidate de La République en marche dénonce par ailleurs une campagne « d’un autre monde » :

« On reçoit des SMS d’intimidation, j’ai été cambriolée deux fois depuis le début de la campagne. Ce sont peut-être des voyous, je ne sais pas… Mais c’est très compliqué de faire campagne à Marseille ! On a aussi des colleurs d’affiche qui ont été menacés et des violences physiques contre notre candidat dans la 7e circonscription. Ça fait partie de l’ambiance, de la façon de faire ici… Mais on ne va pas se laisser faire, on fera une campagne respectable ! »