Législatives: Dans les Hautes-Alpes, le défi de Karine Berger et un vrai-faux candidat LREM

LEGISLATIVES L’investiture du radical de gauche Joël Giraud a donné lieu à un imbroglio au sein de La République en marche, à l’image de celui autour de la candidature de Manuel Valls dans l’Essonne…

Jean Saint-Marc

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Des affiches d'Emmanuel Macron et de Benoît Hamon.
Des affiches d'Emmanuel Macron et de Benoît Hamon. — N. Messyasz / SIPA
  • Joël Giraud n’a pas l’investiture du mouvement d’Emmanuel Macron dans la 2e circonscription des Hautes-Alpes…
  • Mais il peut afficher les logos sur ses affiches
  • Dans la 1re circonscription, la socialiste Karine Berger fait face à un gros défi

Le mouvement d’Emmanuel Macron La République en marche a dû faire quelques contorsions au moment d’investir ses candidats pour les législatives. La 2e circonscription des Hautes-Alpes en est un bon exemple. Embarrassé à l’idée d’investir  Joël Giraud, macroniste depuis janvier dernier, LREM a décidé de ne lui opposer aucun candidat, sans pourtant lui accorder l’investiture.

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« J’ai déjà exercé trois mandats, ce qui ne répond pas aux critères d’investiture. C’est la faute de Manuel Valls qui est dans le même cas que moi », a déclaré à La Provence, en riant, le député sortant encarté au Parti radical de gauche. Pas de problème, LREM a trouvé une pirouette : « Je n’ai pas de candidat face à moi et j’aurai le droit d’utiliser les logos du mouvement », poursuit Giraud.

C’est le favori de l’élection, dans une circonscription où Emmanuel Macron a obtenu 21,2 % des voix, juste derrière Jean-Luc Mélenchon (22,4 %). Mais le candidat de la France insoumise, Christophe Tassaux, est beaucoup moins connu localement. La droite, elle, est en grande difficulté :

  • Les voix de la droite républicaine vont se partager entre Arnaud Murgia, candidat dissident ex-LR et Chantal Eyméoud, investie par LR et l’UDI.
  • Chantal Eyméoud a été mise en cause par Le Canard Enchaîné, qui a révélé qu’elle aurait détourné pour son usage personnel des fonds publics quand elle était directrice du Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement des Hautes-Alpes. Elle a démenti, évoquant « une boule puante ».

>> Résultat du premier tour de la présidentielle dans la 2e circonscription des Hautes-Alpes

Le fardeau Benoît Hamon pour la socialiste Karine Berger

Dans la 1re circonscription, c’est la gauche qui part divisée : la France Insoumise et le Parti Communiste présentent chacun un candidat, Lutte ouvrière sera présente également. Mais la sortante, la socialiste Karine Berger, va sans doute concentrer ses attaques contre la candidate de La République en marche (ex-PS) Pascale Boyer.

La députée socialiste Karine Berger à la tribune de l'Assemblée nationale le 12 février 2013
La députée socialiste Karine Berger à la tribune de l'Assemblée nationale le 12 février 2013 - Jacques Demarthon AFP

Karine Berger, soutien de Vincent Peillon pour la primaire, représente cette ligne du PS fermement opposée à Emmanuel Macron. Voyez par exemple sa réaction à l’annonce du gouvernement Edouard Philippe :

Karine Berger bénéficiera forcément de la prime au sortant, mais le résultat du premier tour de l’élection présidentielle a de quoi l’inquiéter : Benoît Hamon n’a récolté, dans cette circonscription, que 5,9 % des suffrages, loin des 22,4 % d’Emmanuel Macron ou des 20,9 % de Jean-Luc Mélenchon.

>> Résultat du premier tour de la présidentielle dans la 1re circonscription des Hautes-Alpes

La droite, représentée par la filloniste Catherine Asso, espère profiter de la division de la gauche, dans une circonscription où le suspense est maximal. Elle fait l’aller-retour entre la droite et la gauche depuis 1993.

Des terres difficiles pour le Front national

35,9 % des voix au second tour : le Front national a enregistré dans les Hautes-Alpes sont plus mauvais score dans la région PACA. Au premier tour, Emmanuel Macron (21,8 %), Jean-Luc Mélenchon (21,6 %) et Marine Le Pen (21,3 %) étaient toutefois dans un mouchoir de poche. Les candidats FN – l’ancien militaire Patrick Deroin dans la 1re, la conseillère régionale Laurence Leguem dans la seconde – ont donc surtout pour objectif de se qualifier pour le second tour des législatives.