Marseille: Contre l'insécurité sur les plages, la ville dégaine des médiateurs sociaux

REPORTAGE Durant toute la saison estivale, avec leurs T-shirts bleus, une cinquantaine de médiateurs sociaux scrutent les plages à des fins préventives... 

Mathilde Ceilles

— 

Un médiateur social
Un médiateur social — Mathilde Ceilles
  • Des médiateurs sociaux parcourent le littoral pendant toute la saison
  • Leur objectif est de réaliser un travail de prévention auprès des amateurs de soleil et de bains de mer

« Hum, ça sent… l’herbe de Provence ». Des effluves de cannabis arrivent aux narines de Julien. Avec Marie-Ange et Antony, ce salarié de l’association Médiation sociale parcourt en cet après-midi une partie de l’anse de la Fausse Monnaie, déjà bien fréquentée alors que le soleil tape sur les rochers.

>> A lire aussi : VIDEO. PACA: Cinq questions que posent les portiques de sécurité sur les quais de gare

Pour ce jeune plaisancier qui fume un joint dans son coin, la brigade décide de ne pas intervenir. C’est en effet une brigade pas comme les autres : Marie-Ange, Antony et Julien ne sont pas des policiers, mais des médiateurs sociaux. « On ne leur saute pas dessus, sourit Marie-Ange. Là, c’est un "grand enfant", il est seul, à l’écart et ne gêne personne. On pourrait tout au plus faire de la prévention ».

L'équipe de médiateurs en plein travail
L'équipe de médiateurs en plein travail - Mathilde Ceilles

Anticiper les comportements dangereux

C’est en effet la principale mission confiée à la cinquantaine de médiateurs sociaux qui vont parcourir, cette année encore, les plages de la cité phocéenne, qui sont parfois le théâtre d’altercations et de violences : assurer une présence, pour réaliser un travail de prévention contre l’insécurité, l’incivilité et les accidents.

>> A lire aussi : Marseille: Enquête pour tentative d'homicide après l'agression d'un policier sur une plage

Alors, pour « faire en sorte que tout se passe bien », trois fois par semaine en juin, et tous les jours en juillet-août, les médiateurs sociaux, dont la plupart sont des personnes en situation de réinsertion professionnelle, scrutent la plage, tentant d’anticiper les comportements dangereux ou les conflits. Un peu plus loin, Marvin et Jean-Philippe vont à la rencontre d’une dame, dont la petite fille de quatre ans escaladait une barre rocheuse sans surveillance. « Les gens sont compréhensifs, on leur explique calmement, on s’adapte », assure Jean-Philippe.

553.000 euros

Mais ne serait-ce pas à des policiers d’assurer cette mission ? A en croire Marvin, ce ne serait pas le plus efficace. « Moi, jeune de cité, je me dis que si c’est un autre jeune de cité qui vient me voir et me fait une réflexion, j’écouterais plus ce jeune homme comme moi. On est le premier jet d’avertissement. Si nécessaire, après, on appelle la police ».

Caroline Pozmentier, adjointe au maire chargée de la Sécurité Publique et Prévention de la délinquance, l’affirme : « La prévention de la délinquance est un préalable au bon travail des forces de l’ordre. Il y a un volet répressif, mais aussi un volet éducatif. En jouant ce rôle, les médiateurs sociaux sont des lanceurs d’alerte. » Une enveloppe globale de 553.000 euros a été donnée aux différentes associations ayant décidé d’endosser cette mission sur les plages de l’ Estaque, du Prado, de la Madrague de Montredon et le long de la corniche Kennedy.

>> A lire aussi : Alain, ce minot marseillais héros du film «Corniche Kennedy»