Législatives: Les circonscriptions à suivre dans les Bouches-du-Rhône

ELECTIONS Des députés frontistes pourraient être élus pour la première fois de l'histoire dans le département.... 

Mathilde Ceilles

— 

Des bulletins de vote ans une urne.
Des bulletins de vote ans une urne. — M.Libert/20 Minutes

Dans un peu moins d’un mois se tiendra le premier tour des élections législatives dans les Bouches-du-Rhône. Dans ce département où le Front national a réalisé un score particulièrement important, va-t-il y avoir pour la première fois un ou plusieurs députés frontistes ?

3e circonscription : le pari de Stéphane Ravier. Pour la deuxième fois, le sénateur-maire FN Stéphane Ravier se présente aux législatives. En 2012, face à Sylvie Andrieux, la députée sortante, il avait échoué au second tour de quelques centaines de voix. Cette fois, comme il l’explique à 20 Minutes, la situation est différente. Condamnée pour détournement de fonds, Sylvie Andrieux laisse son fauteuil vacant. Alors, dans un secteur où Marine Le Pen a obtenu 31,01 % des voix au premier tour, et 43,56 % au second, Stéphane Ravier va-t-il entrer à l’Assemblée ?

>> A lire aussi : Législatives. Maire, sénateur, Stéphane Ravier «abandonne tout» s'il est élu député

4e circonscription : quand Mélenchon affronte Mennucci. C’est la circonscription la plus scrutée, celle qui fait déplacer les journalistes en masse. Peut-être parce qu’elle résume la situation politique en France. Il y a tout d’abord Patrick Mennucci, candidat socialiste sortant, figure historique de la politique marseillaise. Mais il y a quelques semaines, un invité surprise est venu faire irruption dans la bataille. Et un invité de poids : Jean-Luc Mélenchon himself, candidat de La France insoumise. Ce dernier a choisi cette  circonscription où il a obtenu le score de 39,09 % au premier tour de l’élection présidentielle. Une des rares de Marseille où le Front national n’est également pas arrivé en tête à ce même scrutin.

Pour contrer le chef de file de La France insoumise, La République en marche a sorti l’artillerie lourde, en y nommant sa responsable départementale Corinne Versini. Mais, selon un sondage, le candidat de La France insoumise part largement favori, loin devant Patrick Mennucci.

>> A lire aussi : VIDEO. Mobilisation générale des adversaires de Jean-Luc Mélenchon à Marseille

5e circonscription : Sans Carlotti, l’incertitude. La campagne des législatives dans le département est placée sous le signe des surprises et des rebondissements. Parmi ceux-ci, on trouve l’abandon en cours de route de Marie-Arlette Carlotti, ancienne ministre, députée socialiste sortante qui avait affiché son penchant pour Emmanuel Macron. Depuis, le PS se retrouve confronté à un couac, puisque deux candidats revendiquent l’investiture.

>> A lire aussi : Législatives. Deux candidats revendiquent l'investiture PS dans la 5e circonscription de Marseille

Dans cette circonscription historiquement à droite, longtemps le bastion du futur président de la région Paca Renaud Muselier, Jean-Claude Gaudin a lancé un défi de reconquête à son dauphin Yves Moraine, qui vit là sa première campagne législative. Problème : il aura en face de lui un candidat UDI, Maurice di Nocera, qui n’est autre… qu'un adjoint de Jean-Claude Gaudin. Et si, finalement, ce micmac profitait à La France insoumise qui est arrivée en tête au premier tour de la présidentielle ?

8e et 16e circonscriptions : Les sortants s’en vont, l’extrême droite arrive ? Dans la huitième comme la neuvième, les députés sortants Jean-Pierre Maggi (PRG) et Michel Vauzelle (PS) passent la main. Dans l’histoire de la Ve République, ces deux circonscriptions ont eu majoritairement des députés de gauche. Mais, au premier tour de l’élection présidentielle, le Front national est arrivé en tête, pour ensuite enregistrer au second tour de bons scores, respectivement 46,72 % dans la 8e et 49,30 % dans la 16e. A noter : dans la 16e circonscription, le PCF a laissé le champ libre à la candidate de La France insoumise Nadia Graindorge, comme il l’a fait dans la 3e ou la 4e.

12e et 13e circonscriptions : de communiste à FN ? Situées toutes deux autour de l’étang de Berre, ces deux circonscriptions sont les seules du département à avoir placé en tête Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle. Ce sont aussi deux circonscriptions où les sortants ne se représentent pas.

Dans la 12e circonscription, Vincent Burroni (PS) est député depuis 2012, après avoir occupé le même siège entre 1998 et 2002. Cette fois, il ne rempile pas. Conscient de leurs chances de victoire, les cadres du FN ont parachuté dans cette circonscription un certain Jean-Lin Lacapelle, artisan du « nettoyage » dans le parti. Dans un de ses articles, le journal Marianne présente ce conseiller régional frontiste en Ile-de-France comme un « ami de longue date » de Marine Le Pen, aujourd’hui secrétaire national aux Fédérations et à l’implantation au sein du parti.

Dans la 13e circonscription, où le député est communiste depuis 1997, un coup de tonnerre pourrait éclater. Non-cumul des mandats oblige, l’actuel député Gaby Charroux a choisi de rester maire de Martigues. Il laisse sa place au chef de file PCF du département Pierre Dharréville. La bataille s’annonce toutefois rude, puisqu’au second tour de la présidentielle, Marine Le Pen et Emmanuel Macron étaient au coude-à-coude.