VIDEO. Marseille: Des restaurateurs chouchoutent des bateaux antiques vieux de 2000 ans

PATRIMOINE Une équipe de restaurateurs de Grenoble a fait escale dans la cité phocéenne pour sauver de la poussière des carcasses datant de la fondation de Marseille....

Mathilde Ceilles

— 

Une restauratrice en plein travail.
Une restauratrice en plein travail. — Mathilde Ceilles

Ils étaient là au tout début, au temps où Marseille n’était qu’une toute jeune colonie de Phocéens. Nous sommes alors dans l’Antiquité grecque. A Marseille, il n’y a pas encore l’OM, mais il y a déjà le port, et des bateaux faits de planches de bois cousues les unes aux autres comme on pourrait le faire entre deux bouts de tissus.

>> A lire aussi : Il y a 50 ans ressuscitait le Vasa, galion oublié au fond de la Baltique

Des milliers d’années plus tard, une équipe de restaurateurs venue tout droit de Grenoble fait escale cette semaine pour préserver ces traces de l’histoire que sont six épaves, datant du VIe siècle avant Jésus-Christ au IIIe siècle après Jésus-Christ, et dont la ville de Marseille prend grand soin.

Un musée agrandi

En effet, ces épaves ont été découvertes entre 1974 et 1993 en plein centre de Marseille non pas dans l’eau, mais sur terre, dans un ensemble de vase qui a la particularité de préserver ce type de vestiges. Parmi ces navires se trouvent, pêle-mêle, un navire servant à la pêche au corail ou encore, le plus grand navire maritime romain visible au monde.

L'ancêtre du pointu.
L'ancêtre du pointu. - Mathilde Ceilles

Grâce à l’agrandissement dumusée d’Histoire de Marseille à l’occasion de Marseille capitale européenne de la culture en 2013 qui a permis d’accueillir ces immenses bateaux, le grand public peut désormais admirer ces impressionnantes traces de l’histoire maritime de la cité phocéenne, le tout à ciel ouvert. « Vous êtes là dans le seul musée au monde de bateaux antiques qui ont plus de 2000 ans », s’enorgueillit André Malrait, adjoint au maire de Marseille en charge des monuments et patrimoine historique.

>> A lire aussi : Au large de la Bretagne, une épave romaine livre ses exceptionnels secrets

Menacés de désintégration par la poussière

Un privilège qui n’est pas sans conséquence. En faisant le choix de ne pas mettre ces bateaux sous cloche, la ville de Marseille a exposé ces vestiges à la poussière. Un paramètre qui peut être fatal pour ces très vieilles bicoques, la poussière accélérant le processus de désintégration du bois. Depuis lundi, et jusqu’à vendredi, une demi-douzaine de restaurateurs de l’atelier régional de conservation Nucléart est donc sur le pied de guerre pour dépoussiérer, consolider et traiter au mieux ces épaves.

L'un des bateaux restaurés, vu d'en haut
L'un des bateaux restaurés, vu d'en haut - Mathilde Ceilles

Mais l’opération s’avère délicate, comme l’explique Henri Bernard-Maugiron, l’un des restaurateurs. « Il est hors de question de marcher sur le bois pour faire nos interventions, au risque de le dégrader, explique-t-il. Nous allons donc utiliser une nacelle. » L’engin, digne des chantiers de BTP, permettra aux restaurateurs de faciliter leurs tâches sur les travaux en hauteur. Objectif : être fin prêt pour la nuit des musées, ce samedi.