VIDEO. «Le drone faisait bouger les ombres», la grosse peur de Loïc Bruni lors d'une descente VTT dans le noir

INTERVIEW Entre deux manches de Coupe du monde, le cycliste Loïc Bruni s'est amusé à tourner une vidéo en pleine nuit, sur une piste de Mandelieu-La Napoule. Il la dévoile en exclusivité sur «20 Minutes»...

Propos recueillis par Jean Saint-Marc

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Loïc Bruni était seulement éclairé par un drone.
Loïc Bruni était seulement éclairé par un drone. — Hadrien Picard
  • Pas habitué à «rider» dans de telles conditions, Loïc Bruni s'est fait peur lors du tournage de la vidéo.
  • Il souhaite médiatiser son sport, le VTT de descente, encore peu connu. 
  • Champion du monde en 2015, Loïc Bruni est très ambitieux pour la saison qui commence.

Quand on fait du VTT, on a l’habitude des sensations fortes. Mais pas forcément l’habitude de rouler en pleine nuit, seulement éclairé par un drone équipé de LED (et poursuivi par un second drone, équipé lui d’une caméra). Quand son sponsor, Red Bull, lui a proposé ce projet, Loïc Bruni n’a pas hésité longtemps… Et il n’est pas mécontent du résultat, dévoilé sur 20 Minutes.

C’était compliqué ce tournage ?

C’était surtout nouveau pour moi ! Certains pratiquants roulent parfois de nuit, avec des lumières. Je ne l’avais jamais fait. Le concept m’a plu, mais c’est vrai que la première nuit de tournage, je n’étais pas au top : je n’arrivais pas trop à rouler, je ne me sentais pas très bien. Le drone faisait bouger les ombres des arbres… Il y avait parfois des zones vachement sombres donc je n’arrivais pas à me repérer et je ratais mes freinages, je sortais un peu des virages. J’ai chuté quelques fois, sans gravité !

Je n’arrivais pas à me repérer et je ratais mes freinages ! Je ne me sens pas ultra performant !

A quelle vitesse vous descendez ?

Aux alentours des 25-30 km/h, je pense, avec des pointes autour de 50. Le jour, ça va plus vite, sûrement dans les 60, parce qu’on lâche les freins. Là, la lumière m’éclairait sur une quinzaine de mètres au max. Niveau « riding », je me suis senti un peu frustré. Je ne me sens pas ultra performant dans cette vidéo mais bon, c’est plus destiné au grand public donc ça n’a pas trop d’importance.

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Votre père Jean-Pierre est un des pionniers du VTT de descente, il a lui aussi été champion du monde (Loïc a remporté le titre en 2015) : quel regard porte-t-il sur ce type d’opérations ?

Il s’en fout un peu ! Il est content que je m’amuse… Même si là, il n’était pas trop chaud parce que le tournage avait lieu trois semaines avant la manche de Coupe du monde à Lourdes. Il m’a dit : « Fais gaffe, te fais pas mal maintenant, faut pas rater le début de saison ! »

A l’époque, il n’y avait pas cette culture de l’image, cette culture de la com'…

C’est clair. Le sport était très jeune, ça n’avait rien à voir. La discipline se professionnalise, on est de plus en plus nombreux à être pro. Et avec les réseaux sociaux, l’image est devenue importante. Les sponsors, et particulièrement Red Bull, donnent beaucoup d’importance à ça !

Et ça vous plaît ?

Je vous avoue que je ne suis pas toujours chaud… J’ai jamais été élevé dans ce truc de tout le temps prendre des photos, des vidéos ! Quand je vais m’entraîner, je ne prends pas mon téléphone, alors que pratiquement tous les autres pilotes mettent tout le temps des photos ! Là, c’était un projet nouveau, ça change des vidéos de VTT qui se ressemblent toutes, avec les jolis plans sur de la belle terre… Ça valait le coup de prendre des risques et de sortir un peu de mon truc habituel.

Bien sûr que je pense aux championnats du monde ! Mais c’est une seule course, il faut être là le jour J !

Il y a aussi forcément l’idée de médiatiser votre sport…

C’est sûr qu’on n’a pas beaucoup de moyens, notamment par rapport aux disciplines olympiques. Et ce n’est pas facile de pratiquer, ça coûte assez cher au début, donc ce n’est pas le sport cycliste le plus populaire ! Mais c’est en train de changer, les manches de Coupe du monde sont diffusées sur la chaîne L’Equipe, sur le net… Et c’est un sport très cool à regarder.

La saison vient de débuter, quels sont vos objectifs ?

Déjà, il faut que je remonte au classement en Coupe du monde ! Sur la première manche, on s’est pris un orage de fou au moment du passage du Top 10… On a fait ce qu’on a pu mais ceux qui ont roulé sur sec nous ont posés ! Du coup, je suis loin, j’ai fini 70e. En coupe d’Angleterre, j’ai fini 2e, ça, c’était pas mal.

Il faudra aussi qu’on s’adapte, il y a en ce moment une tendance avec des roues plus grandes qui sont plus rapides… Et nous, on ne les a pas encore ! Donc l’objectif, c’est de revenir au classement et de gagner le plus de manches de Coupe du monde possibles (il en a gagné une l’an dernier).

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Et les championnats du monde, en septembre ?

C’est en Australie, sur la piste où j’ai gagné l’an dernier en Coupe du monde… Donc bien sûr que j’y pense ! Mais c’est une seule course, donc il faut être là le jour J, ça va forcément être dur ! Et c’est encore loin !