VIDEO.Marseille: Mobilisation générale des adversaires de Jean-Luc Mélenchon

POLITIQUE Depuis l’annonce de la candidature de Jean-Luc Mélenchon à Marseille pour les élections législatives, les adversaires de sa circonscription se mobilisent pour lui faire barrage…

Adrien Max

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La permanence de La France insoumise a été recouverte d'affiches à l'effigie de Patrick Mennucci à Marseille.
La permanence de La France insoumise a été recouverte d'affiches à l'effigie de Patrick Mennucci à Marseille. — Boris HORVAT / AFP
  • Jean-Luc Mélenchon a tenu une conférence de presse pour justifier sa candidature à Marseille pour les élections législatives
  • Ses adversaires sur le secteur s’organisent pour essayer de lui faire barrage.

Une salle archi-comble, symbole de la frénésie qui entoure la candidature de Jean-Luc Mélenchon à Marseille pour les élections législatives. Le rendez-vous de l’annonce officielle de sa candidature était donné au club de la presse, devant une cinquantaine de journalistes. Très vite, le candidat de La France insoumise (LFI) a voulu clarifier les choses. « Je ne viens pas ici pour battre telle ou telle personnalité. Marseille est un choix politique, c’est ici que le message passera le mieux. La ville cristallise toutes les problématiques françaises. »

Ses adversaires de la 4e circonscription, dans le centre-ville de Marseille, ont rapidement été pris de cette même frénésie lors de l’annonce de la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Eux, ne voient pas du tout d’un bon œil cette arrivée, qu’ils qualifient de « parachutage ». C’est donc dans l’urgence qu’ils ont dû réagir.

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Campagne lancée plus tôt

Mercredi matin, sur le Vieux Port, la présidente du Conseil Départemental Martine Vassal (LR) est venue prêter main-forte à Solange Biaggi, la candidate des Républicains pour le secteur. Un tractage, où les journalistes ont bien sûr été conviés, qui ressemble à une mobilisation générale. L’agenda du jour de Martine Vassal était déjà bien rempli, mais la campagne ne peut désormais plus attendre. Elle ne devait pourtant être lancée que quelques jours plus tard. Si, selon Solange Biaggi, les habitants ont besoin d’élus de proximité, la candidature de Mélenchon l’inquiète. « Ce qui me choque, c’est la brutalité de son programme. C’est une ville fraternelle alors que son programme c’est la lutte des classes et le matraquage fiscal. » Les soutiens de Martine Vassal et de Jean-Claude Gaudin ne sont donc pas de trop pour celle qui avait été éliminée dès le premier tour en 2012.

 

Même amertume du côté de Patrick Mennucci du Parti socialiste, qui dénonce la stratégie de l’individu. « Il change de ligne politique en affrontant la gauche plutôt que le Front national, c’est une opération médiatique ». Pour autant, lui, conserve la même stratégie pour être réélu député de cette circonscription. « On continue de faire du porte à porte, à être proche des gens. On aborde les questions de fond. » Seul changement, il constate une forte mobilisation dans ses rangs contre Mélenchon. « Les militants qui nous suivent sont en train de doubler ou de tripler pour lui faire barrage. » Et il n’hésite pas à tirer à boulets rouges contre Mélenchon. « Beaucoup de jeunes ici ont déjà vécu sous une dictature, sa candidature les choque. » Pas sûr que ce soit suffisant face au score, près de 40 %, que Mélenchon a réalisé sur le secteur lors de la présidentielle.

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La référente d’En marche !

D’autres, au contraire, ont choisi de ne pas lui faire barrage. C’est le cas du Parti communiste français, qui a choisi de retirer Gilles Aspinas, le candidat de cette circonscription. « C’est une décision unilatérale de notre part. Jean-Luc Mélenchon a des chances de l’emporter, on veut favoriser l’union des partis de gauche. »
Si quelqu’un aimerait bien mettre des bâtons dans les roues du leader de LFI, ce serait plutôt Jeanne Marti, la candidate du Front national. « J’ai l’habitude d’être seule face aux nantis de la République », prévient-elle. Selon elle c’est une stratégie de Premier ministrable, bien éloigné de la problématique du secteur. Et c’est pour ça qu’elle ne changera rien à sa stratégie, alors que le FN s’était maintenu au second tour des élections législatives de 2012.

Du côté d’En marche !, la stratégie semble tout de même très offensive sur le secteur. Le mouvement d’Emmanuel Macron a décidé d’investir Corinne Versini, qui n’est autre que la référente du mouvement dans le département des Bouches-du-Rhône. « Je ne suis pas très rassurée pour mon premier combat politique, mais on est prêt », explique-t-elle. Le résultat de cette cheffe d’entreprise sera l’une des grandes inconnues pour ce secteur.
Avec toutes ces forces en présence, nul doute que la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône cristallise aussi les enjeux politiques nationaux.