Marseille: La mobilisation de tout un quartier pour sortir trois enfants roms de la rue

SOLIDARITE Les trois élèves sont scolarisés dans le Panier, quartier historique de Marseille... 

Mathilde Ceilles

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La famille avec la directrice de l'école
La famille avec la directrice de l'école — Mathilde Ceilles
  • Ces enfants ont été expulsés du squat où ils logeaient sans solution d'hébergement
  • Ils pourraient être logés dans l'école où ils sont scolarisés si une solution n'est pas rapidement trouvée

Les merguez chauffent sur le barbecue, dans la petite cour de l’école des Accoules, en plein cœur du Panier, quartier historique de Marseille. Malgré les apparences, ce n’est pas une fête d’école qui a rassemblé les nombreux parents et riverains présents ce mercredi autour d’une part de tarte ou de gâteau, entre quelques gouttes de pluie, mais un repas solidaire. Depuis plusieurs jours, des dizaines d’habitants et acteurs de la vie locale du Panier se mobilisent pour que trois élèves de cette école primaire ne dorment pas dehors.

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Dolari, 10 ans, Narghita, 8 ans et Sonia, 6 ans, sont scolarisés dans l’établissement depuis l’automne. Tous trois Roms, ils sont récemment arrivés avec leurs parents à Marseille. Jusqu’ici, ils logeaient avec d’autres familles Roms dans le squat de la rue Flégier, près de la gare Saint-Charles. Mais le camp a été évacué le 12 avril.

Des centaines d’euros récoltées

Peu de temps après, Corine Lefort, directrice de l’école des Accoules reçoit dans son bureau une famille désemparée, sans solution d’hébergement, après avoir déjà bénéficié de la dizaine de jours d’hébergement d’urgence dans un hôtel que propose le 115. Les huit enseignants de l’école décident de se cotiser pour payer deux nuits d’hôtel à la famille. Pendant le week-end, l’équipe enseignante lance une cagnotte en ligne. « On ne va pas pouvoir financer éternellement, même s’il était hors de question qu’ils dorment dehors ! », explique Corine Lefort, prête à héberger les enfants au sein de l’établissement scolaire s’il le faut.

A ce jour, ce sont près de 900 euros qui ont été amassés, au-delà même du simple cercle des parents d’élèves. « Même les commerces se sont mobilisés et un concert de soutien y aura lieu vendredi », ajoute la directrice. « On espère que les institutions vont prendre leurs responsabilités, confie Clotilde, une maman d’élève. On s’est organisé très vite, mais ce ne serait pas à nous de le faire ! Et de la place, on peut en trouver. »

Une solution jusqu’à mardi

Grâce à ce mouvement de solidarité, la famille va pouvoir être hébergée jusqu’à mardi. « Un peu de répit… », souffle Corine Lefort. Alertée par la directrice, la maire de secteur Lisette Narducci (PRG) s’est également emparée du dossier, joignant notamment la préfecture pour « trouver une solution pour que ces enfants ne restent pas dehors ». A ce jour, selon la préfecture, une solution d’urgence a été proposée mais pour une partie de la famille seulement. « Si c’est une solution provisoire, pourvu qu’ils puissent rester dans l’école pour ne pas casser leur scolarisation », espère Corine Lefort.

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Dans une lettre adressée à la directrice et que 20 Minutes a pu consulter, le préfet délégué pour l’égalité des chances des Bouches-du-Rhône rappelle qu’« un diagnostic social pour cette famille a été réalisé avant l’évacuation […] afin de l’orienter vers une solution d’hébergement ou de logement adaptée » Le préfet invite en outre la famille à « reprendre contact avec les institutions et les travailleurs sociaux qui ont suivi sa situation […] afin de faire sans délai une demande de droit à l’hébergement opposable qui serait susceptible d’accélérer les procédures d’accès à un hébergement d’insertion. »