«Je suis resté un an tout seul au fond de mon garage pour mettre au point un prototype», le gagnant du concours Lépine raconte son invention

INTERVIEW Alexandre Defromont, pompier à Rognac (Bouches-du-Rhône), a remporté le concours Lépine grâce à une balise qui pourrait bien sauver des vies…

Adrien Max

— 

Alexandre Defromont présente son invention
Alexandre Defromont présente son invention — DR
  • Alexandre Defromont, un pompier de 34 ans de Rognac (Bouches-du-Rhône), a remporté le prix du président de la République du concours Lépine
  • Il a mis au point un dispositif permettant de géolocaliser les lieux d’intervention et de fournir des données médicales sur la personne à secourir aux pompiers
  • Il espère faire gagner du temps au pompier, et sauver des vies.

Alexandre Defromont, 34 ans, a remporté ce week-end le prix du président de la République du concours Lépine. Ce pompier de Rognac (Bouches-du-Rhône), a mis au point une balise permettant aux pompiers de gagner du temps lors de leurs interventions. Grâce à la géolocalisation, elle pourra indiquer l’adresse exacte de l’intervention, mais aussi donner des précieuses informations sur la personne à secourir. L’inventeur revient sur l’origine du projet, et sur l’importance d’avoir remporté ce concours.

>> A lire aussi : Le vainqueur du concours Lépine est un pompier des Bouches-du-Rhône

D’où vous est venue l’idée d’inventer ce dispositif ?

C’est dans l’exercice de mon métier que cette idée m’est venue. On met beaucoup de temps à localiser le lieu d’intervention précisément, alors que chaque seconde compte. Il faut qu’on prenne en compte la gravité et l’état de santé de la personne à secourir tout en localisant le lieu d’intervention. Souvent quelqu’un reste dans la rue pour nous attendre alors qu’il vaudrait mieux qu’il soit près de la personne qui en a besoin. Ce sont des situations auxquelles on est en permanence confrontés dans notre métier. Grâce à ce dispositif on agit sur le temps, et c’est très précieux.

Comment fonctionne ce dispositif ?

La société Eydi Technology, que j’ai créée, se charge de l’installation, de la mise en marche et de l’entretien du dispositif. On peut également accompagner les personnes pour qu’elles renseignent leurs données médicales via l’application. Ce n’est pas obligatoire et les données sont conservées sur un serveur protégé, elles restent très confidentielles. Les utilisateurs peuvent donner l’alerte via leur téléphone, leur tablette ou leur ordinateur. Ce n’est qu’en cas d’alerte que les pompiers ont accès aux données médicales.

Comment avez-vous mis au point ce dispositif ?

J’ai tout simplement réuni mes deux passions. Le secours aux personnes et l’électronique. Je suis resté un an tout seul au fond de mon garage pour mettre au point un prototype. Ensuite, il a fallu que je trouve des financements. Heureusement, il y a une grande solidarité entre pompiers, ce sont eux qui m’ont accompagné. J’ai confié la partie informatique à un bureau d’études à qui j’avais donné un cahier des charges bien précis. Je m’étais déjà rendu au concours Lépine l’année dernière pour prendre la température et voir si, avec mon projet, j’avais des chances de gagner.

Qu’est ce que le concours Lépine va changer dans votre projet ?

Des portes vont s’ouvrir. Avant, je pouvais compter sur mes amis pompiers pour relayer le projet sur les réseaux sociaux. Avec le prix du président de la République, on m’offre une grande visibilité. Depuis que j’ai gagné, je suis sollicité de partout et ça me permet de faire connaître mon invention. On va pouvoir lancer la phase de test avant la fin de l’année avec le service départemental d’incendie et de secours des Bouches-du-Rhône. Si tout est concluant on pourra commercialiser notre produit, pour 9€ par mois. On m’a déjà dit que ce n’était rien pour sauver des vies.