Les résultats de la présidentielle? De nombreux supporters de l'OM n'en ont «rien à foot»

REPORTAGE C’est bien Marseille-Nice qui passionne les foules ce dimanche soir au Vélodrome, pas Macron-Le Pen (victoire du premier 65-35, c'est pas mal pour son goal-average)…

A Marseille, Jean Saint-Marc
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Pourtant, Emmanuel Macron a martelé son amour pour l'OM pendant la campagne.
Pourtant, Emmanuel Macron a martelé son amour pour l'OM pendant la campagne. — B. Horvat / AFP
  • Les supporters de l’OM ont suivi « de loin » l’annonce des résultats de l’élection présidentielle et la victoire d’Emmanuel Macron, élu avec 65,1 % des voix.
  • Beaucoup se sont désintéressés de cette élection, ou en tout cas du second tour.

19 heures, sur le parvis du Vélodrome. H-2 (avant le match), H-1 (avant l’annonce des résultats de la présidentielle). Ça sent les fumigènes et la pizza. Les supporters de l’OM se retrouvent, des petits groupes se forment. Les sujets de conversation ? Bizarrement pas le report des voix de Dupont-Aignan, le comportement des mélenchonistes dans l’entre-deux tours ou une analyse de  l’abstention de 1965 à nos jours. Non, c’était plutôt :

  • Quelle ambiance ce soir au Vélodrome ? (Le match se joue à guichets fermés)
  • Mario Balotelli sera-t-il aussi bon qu’au match aller ? (Un doublé pour son premier match avec l’OGC Nice)
  • Quel camion à pizzas (décidément) propose le meilleur rapport qualité prix ? (Selon un expert, plus on se rapproche du Vél', plus ça se dégrade).
     

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« L’OM, c’est bien plus important que la politique ! »

« Je préfère passer ma soirée électorale ici qu’avec Pujadas et toute la bande », rigole Pascal, retraité. Il n’a pas voté ce dimanche matin, et se moque pas mal de savoir qui sera le prochain président de la République. « Un coup la droite, un coup la gauche, et cette fois le fils de Hollande… », poursuit son ami Christian, qui lui a glissé un bulletin Le Pen dans l’urne ce matin. « Et au final, on se fait toujours enfler ! » A propos d’arnaque, le ballet des vendeurs à la sauvette se poursuit en arrière-plan : « cherche des places ? Cherche des places ? »

Un autre Pascal, trentenaire élégant, poireaute tout seul pas bien loin. « Vous allez suivre les résultats ? » « Ouais… Celui du match quoi ! L’autre, je verrai bien ce soir en rentrant » : encarté Les Républicains, Pascal a voté Fillon au premier tour, blanc au second. « Franchement, le match de ce soir, ça me semble plus important que notre monarchie contemporaine ! On ne vit pas dans un système démocratique. »

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Moins élégant, plus aviné, Jérémy nous dit sensiblement la même chose : « L’OM c’est bien plus important que la politique ! C’est tout magouillé, on sait que ce sera Macron », éructe cet abstentionniste convaincu. Il chantait pourtant « Marine, Marine, Marine », en sortant du métro. « C’est pour ma femme, rien à voir ».

« Plus de suspense pour le foot que pour la politique »

Et les résultats alors ? Il va suivre ça sur son téléphone ? Son pote Arnaud répond à sa place. « Tu parles, on sera dans le virage, on boira un bon verre de jaune » (et quelque chose nous dit que ce n’est pas le premier).

« Un coup d’œil sur le smartphone, et c’est tout, répond quant à lui Clément (Mélenchon au premier tour, Macron au second, de dépit). Y a plus de suspense pour le foot de toute façon ! »

Quelques sifflets et quelques insultes à l’annonce de la victoire de Macron

20 heures, le Vélodrome s’est un peu rempli (les 60.000 personnes attendues ne sont pas encore toutes là). En tribune de presse, on est passé d’OM TV à la soirée électorale de France 2. Dans les enceintes, Jasmine Thompson répète pour la soixantième fois que personne ne l’aimera plus jamais ainsi.

Enfin, le grand écran zappe lui aussi sur France 2. Quelques secondes, le temps qu’Emmanuel Macron et ses 65,1 % apparaissent. Une vague clameur, une poignée de sifflets dans le stade. Et c’est tout. « Rien à foot », qu’on disait…