Présidentielle: Cinq choses que vous ignorez sur David Rachline, le directeur de campagne de Marine Le Pen

FRONT NATIONAL Le sénateur maire de Fréjus, David Rachline, est aussi le directeur de campagne de Marine Le Pen pour l'élection présidentielle…

Adrien Max

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David Rachline est le directeur de campagne de Marine Le Pen pour l’élection présidentielle.
David Rachline est le directeur de campagne de Marine Le Pen pour l’élection présidentielle. — LAURENT CHAMUSSY/SIPA
  • Il est entré au Front National à l’âge de 15 ans
  • Il est devenu le plus jeune sénateur-maire de France à l’âge de 29 ans

Il est partout. Partout, derrière la candidate du Front national, Marine Le Pen, qui l’a choisi comme directeur de campagne pour cette élection présidentielle. Il est le symbole de la stratégie de dédiabolisation du parti, tout en incarnant ses idées directrices. Zoom sur celui qui a déjà consacré la moitié de sa vie au FN, alors qu’il n’a pas encore 30 ans.

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Il est entré en politique à l’âge de 15 ans. Au lendemain de l’arrivée au second tour de Jean-Marie Le Pen à l’élection présidentielle de 2002, il décide d’adhérer au Front national. « Ce que disait Jean-Marie Le Pen était au plus près de la réalité, il exprimait une vérité qui, depuis, n’a pas changé », explique l’intéressé. A l’époque il n’a que 15 ans, mais il est déjà sûr de ses convictions. Et sait qu’il veut faire de la politique. Pour l’élection présidentielle de 2007, il prend part à la campagne de Jean-Marie Le Pen avec les jeunes du FN, puis hérite du mouvement en 2009. En 2012, c’est au côté de la fille, Marine Le Pen, qu’il poursuit son aventure politique.

Il est le plus jeune sénateur maire de France. Alors qu’il fait partie de l’opposition à la mairie Fréjus depuis 2008, il en devient maire en 2014, à l’âge de 26 ans. C’est au bénéfice d’une triangulaire, les deux candidats de la droite s'étant maintenus, qu’il parvient à remporter l’élection. Philippe Michel Kleisbauer, ancien chef de cabinet du maire sortant, ne lui accorde pas beaucoup de mérite. « Il n’a pas d’aura particulière, n’importe qui aurait été élu ici. » Selon lui, il a pu s’appuyer sur un noyau solide du FN dans la ville, qui réalise environ 30 % à chaque élection. Mais aussi sur le passif de la droite. « Les électeurs n’en pouvaient plus des affaires de la droite et du clientélisme ambiant », précise-t-il.

David Rachline avance d’autres arguments. « J’ai grandi ici et les gens me connaissent, je n’ai pas eu besoin de déconstruire les caricatures qu’ont faites mes opposants. » Il met aussi en avant sa connaissance des dossiers, qu’il a acquis lorsqu’il faisait partie de l’opposition.

Il a un goût prononcé pour la fête. « Pas plus que n’importe quel jeune de mon âge », se défend le futur trentenaire. Mais Philippe Michel Kleisbauer n’est pas du même avis. Selon lui, le sénateur-maire s’est rapidement senti pousser des ailes après sa victoire. « Il fait partie d’une bande de fêtards qui aiment fréquenter les clubs de Saint-Tropez. Plusieurs Smic sont dépensés pendant leurs soirées, ça la fout mal quand on se dit proche du peuple », dénonce-t-il. Parmi eux, de nombreux acteurs du BTP. « Lorsqu’on regarde les entreprises qui ont remporté les marchés publics, on retrouve exactement les mêmes noms qu’avec l’ancien maire », précise Giselle Thollet-Paysant, membre de l’opposition à la mairie de Fréjus.

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Il ne parle pas religion. Rien ne semble rapprocher David Rachline de son père, électeur de gauche et juif. Lorsque la question lui est posée, la réponse fuse : « Je n’évoque pas la religion des personnes. » Sans doute à cause de son ancienne proximité avec Alain Soral. David Rachline a fait partie d’Egalité et Réconciliation, le mouvement de celui qui a été condamné pour antisémitisme, injures à caractère racial ou apologie de crimes contre l’humanité. Depuis, David Rachline jure ne plus avoir aucun lien avec Alain Soral, qui a quitté le FN en 2009. Proche de Jean-Marie Le Pen, puis d’Alain Soral et désormais de Marine Le Pen, il semble faire le lien entre les différentes mouvances (antisioniste, antisémite, xénophobe) du Front national.

C’est un redoutable homme politique. Pour en arriver là, rien de très étonnant. « C’est quelqu’un qui est aussi à l’aise dans les salons que dans les discussions de tous les jours », se rappelle Jean-François Luc, conseiller régional frontiste en PACA. David Rachline met en avant son expérience du terrain. « J’aime discuter avec les autres quel que soit le contexte. C’est parce que je me suis formé sur le terrain et que j’ai toujours été proche des gens. » Du terrain, il en tire également une parfaite maîtrise de la rhétorique politique. « C’est un bon politicien, il sait y faire. Il sait très bien embobiner les gens », explique Philippe Michel Kleisbauer.

Lors des conseils municipaux, il lui arrive souvent de moins se maîtriser face à ses opposants. « Il peut être très odieux ou malhonnête. Il n’hésite pas à faire des attaques sur le plan personnel », raconte Giselle Thollet-Paysant. C’est aussi un très bon communiquant. Il aime se mettre en scène, toujours lors des conseils municipaux de Fréjus. « Les habitants qui y assistent l’applaudissent lorsqu’il prend à partie un opposant », ajoute Giselle Thollet-Paysant, scandalisée. Mais avec David Rachline, plus rien ne l’étonne, tout est calculé.