Présidentielle: Pizzas, cubis et acclamations, les militants FN du Vaucluse remontés à bloc devant le débat

PRESIDENTIELLE La fédération frontiste du Vaucluse a organisé ce mercredi en son siège de Carpentras une projection du débat…

Mathilde Ceilles

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Marion Maréchal-Le Pen était présente
Marion Maréchal-Le Pen était présente — Mathilde Ceilles

Devant le local du Front national à Carpentras (Vaucluse), Agapia Dimitroff tire sur sa cigarette. La conseillère régionale frontiste confie dans un sourire, ignorer le nombre de personnes qui assisteront ce soir à la projection du débat de l’entre-deux-tours de la présidentielle. Une donnée qui l’inquiète : « C’est moi qui ai fait le buffet, s’amuse-t-elle. Il faut tout savoir faire au Front ! »

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Quelques minutes plus tard, ils sont une petite centaine à se presser autour dudit buffet. Entre une pizza et une gorgée de vin (du Vaucluse) dans des verres en plastique, les bises s’enchaînent. Le débat à venir est sur toutes les lèvres. « Nous sommes venus envoyer des bonnes ondes à Marine ! », explique Fabien. L’ancien candidat aux départementales et militant depuis 30 ans est venu avec Loïc et Christiane, qui ont pris leur carte ce soir même. « Et on y croit pour dimanche ! ». « J’espère que Macron aura l’air d’un couillon ! », confie Stéphan. Le visage de François Hollande, grave, apparaît sur l’écran géant. Certains s’interrompent, inquiets. Avant de comprendre qu’il s’agit d’une parodie de Nicolas Canteloup qui précède l’instant fatidique. « Hollande vient tenir la main de Macron », chambre un militant. « Ça commence ! »

Des militants frontistes au siège du FN à Carpentras
Des militants frontistes au siège du FN à Carpentras - Mathilde Ceilles

Objectif 50 %

Le silence se fait petit à petit. On sort des chaises supplémentaires et chacun prend place. Les premières attaques de Marine Le Pen à son adversaire provoquent de manière épidermique des acclamations dans la salle. « En quelques mots, elle a tout résumé ! », se réjouit Stéphan. Les piques de la candidate frontiste sur le CICE ou les liens présumés de Macron avec Drahi provoquent des salves d’applaudissements, donnant à la salle des airs de stade de football. « Elle est juste un peu incisive pour le mettre à l’envers, note Jo. A la fin, il aura le cul plus grand que la porte d’Aix ! » (sic).

Au premier rang, Marion Maréchal Le Pen scrute l’écran, entre deux bouchées de son repas pris sur le pouce. « Je fais beaucoup de déplacements, ce qui fait que je lèse un peu ma fédération. Je voulais donc partager ce grand moment de campagne avec eux », expliquait-elle quelques minutes plus tôt. La députée est arrivée peu avant le débat, après avoir tenu un meeting dans la ville voisine de Sorgues, durant lequel elle a fait un appel du pied très clair aux militants de François Fillon, victimes selon elle d’une « trahison », dans cette terre du Vaucluse qu’elle qualifie de « très à droite ».

« Nous avons largement happé cet électorat, et l’objectif est de totalement remplacer la droite » assume-t-elle. Aux dernières régionales, celle qui était candidate à la présidence de PACA avait obtenu la majorité absolue dans le département. « Notre challenge de dimanche, c’est de dépasser les 50 % dans le Vaucluse », espère Agapia Dimitroff.

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