«Bien fait pour Aulas!»: On a suivi Ajax-OL dans un bar marseillais (et parlé du coefficient UEFA)

REPORTAGE Les Marseillais se sont PASSIONNÉS pour Ajax-Lyon (non on déconne)...

A Marseille (et avec modération), Jean Saint-Marc

— 

Quoi, on a fait un Paint pour camoufler le flou ? Nooooon
Quoi, on a fait un Paint pour camoufler le flou ? Nooooon — J.S.-M. / 20 Minutes
  • L’Olympique Lyonnais est particulièrement détesté par les supporters de l’OM.
  • Ils ne font pas d’exception les soirs de Coupe d’Europe.

Alors que la France se déchire au sujet de la présidentielle, il y a autour du foot un drôle de consensus en ce moment. Vous savez, le fameux « on soutient les clubs français en Coupe d’Europe ». C’est très mignon tout ça, mais à 20 Minutes, ce mercredi soir, on a décidé de casser un peu la concorde générale. Et pour ça d’aller suivre la demi-finale de l’OL chez les pires ennemis des Lyonnais : les supporters de l’OM.

>> Revivez la défaite de Lyon (4-1) face à l'Ajax Amsterdam par ici

Au départ, on avait ciblé un petit troquet du quartier Endoume, très typique, avec Jean-Mich' et Pierrot qui s’avoinent au pastis. Derrière le comptoir, cette devise : « ici, on est comme la défense de l’OM, on encaisse. » On est tombés sur des bons. On prend la température en milieu d’aprèm. Fail : « Je ne diffuse que les matchs de l’OM. Le Real, Lyon ou je sais pas quoi, je m’en cague », bougonne le patron.

On va donc se rabattre sur les pubs du Vieux-Port : moins original mais toujours efficace, le plat du pied sécurité quoi. 18h45, on entre au Temple Bar (après cette prise de renseignement primordiale auprès du chef de service).

Chef oui chef !
Chef oui chef ! - J.S.-M.

« Tu vas t’amuser, il n'y aura personne » : Laurent, le barman, est plutôt sceptique sur notre projet de reportage. En nous servant un demi (avec modération on a dit), il précise un peu sa pensée :

« Lyon, c’est le club le plus détesté de France. C’est encore plus vrai à Marseille. Autant Monaco, ça joue bien, tout le monde aime Monaco. Mais Lyon, pffff (beaucoup de dédain dans ce pffff). »

On le lance un coup sur le fameux coefficient UEFA : « effectivement, tant mieux s’ils gagnent ce soir. Et s’ils gagnent la finale, ça peut libérer une place pour l’OM, très bien. » Sauf que là, Laurent va agacer un de ses fidèles clients, Sébastien, évidemment supporter de l’OM : « Si on n’est pas foutu de se qualifier normalement, en finissant cinquième, on ne mérite pas de jouer la Ligue Europa, point barre. »

OK, OK, mais quand même, Sébastien, l’union nationale, les envolées de Denis Balbir, tout ça tout ça. « Allez, très bien, ils vont en demie, c’est cool pour l’indice UEFA, tout le monde est content. Mais là, c’est bon, faut qu’ils s’arrêtent. »

On dirait que les Lyonnais l’ont entendu : voilà pas qu’ils encaissent un, puis deux buts (ce sera quatre au final, pour ceux qui ne suivent pas). « C’est bon ça, j’avais parié qu’il y aurait plus de deux buts », salue Yoan, qui « supporte les équipes qui lui font gagner des sous aux paris sportifs. » Son pote Antoine, maillot de Monaco sur le dos, se revendique « aussi » supporter de l’OM. Mais Lyon, jamais ! Plutôt mourir.

>> A lire aussi : La déroute parisienne à Barcelone fait bien marrer les supporters de l'OM (dont un certain Gignac)

C'est l’occasion de faire un point sur un de nos grands sujets de conversation de la soirée : Jean-Michel Aulas. Avec les supporters marseillais, on a passé en revue toutes les réflexions possibles et imaginables à son sujet :

  • « Aulas, il fait le fou, il se prend pour je sais pas quoi. A la limite les Parisiens ils ont des raisons de se la péter, ils sont forts, ils ont des stars. Mais Aulas… » - Yoan, donc
  • « Il est exécrable, c’est une grosse pleureuse… Et sa communication est juste épouvantable » - Laurent, le barman
  • « Sa simple personne me fait dresser les poils sur les bras. Mais de rage, hein… C'est le pire ! » - Sébastien
  • « Bien fait pour sa gueule ce 4-1 » - Un poète anonyme, à la sortie du O’Malley’s, le bar d’en face, où le match de Lyon suscitait autant de passion. A savoir aucune.