Présidentielle: Malgré la polémique, l'Eglise ne choisira pas entre Le Pen et Macron (et abstention)

PRESIDENTIELLE Le président de la Conférence des évêques de France (et archevêque de Marseille) Mgr Georges Pontier l'a répété ce mercredi...

J.S.-M. avec AFP

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Mgr Georges Pontier, l'archevêque de Marseille a ouvert le28 mars la Conférence des évêques de France à Lourdes.
Mgr Georges Pontier, l'archevêque de Marseille a ouvert le28 mars la Conférence des évêques de France à Lourdes. — B. Guay - AFP

« Le rôle de l’Eglise est, plus que jamais, de ne pas prendre parti pour l’un ou l’autre candidat », a répété ce mercredi le président de la Conférence des évêques de France Georges Pontier dans une vidéo mise en ligne. L’archevêque de Marseille dénonce aussi un « climat hystérisé » à quatre jours du second tour.

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L’épiscopat est critiqué depuis dix jours par des intellectuels et des fidèles pour n’avoir pas pris position contre la présidente du Front national Marine Le Pen, alors qu’un vote pour le candidat d’En marche ! Emmanuel Macron est rejeté par une frange conservatrice de l’électorat catholique.

La position ambiguë de l'évêque du Var

Une vidéo postée sur Facebook par l’archevêque de Fréjus-Toulon Mgr Dominique Rey fait particulièrement polémique. « Si nous trouvons que les choix sont profondément mauvais, on peut s’abstenir de voter », déclare-t-il notamment. « Nous n’obéissons pas aux exclusives de la médiacratie, aux consignes du prêt à penser », reprend l’évêque, qui évoque des « points non négociables », parmi lesquels « une aggravation de l’avortement », la PMA, la GPA ou l’euthanasie.

Il dénonce aussi « une économie financiarisée, déconnectée du réel, qui licencie massivement. » Certains fidèles y ont vu un appel du pied en direction de Marine Le Pen... D'autant que Mgr Dominique Rey a déjà, par le passé, affiché une certaine proximité avec le FN. En 2015, Marion-Maréchal Le Pen avait été invitée aux Universités d'été du diocèse. 

Mgr Dominique Rey a nié cette hypothèse auprès de Var-Matin : « Je sais que cette grille de discernement conduira les chrétiens à adopter des positions politiques différentes les uns des autres. La responsabilité de l’Église n’est pas d’édicter des choix mais d’éclairer les consciences. »

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Au total, en France, une vingtaine d’évêques se sont exprimés à titre personnel, certains rappelant les principes qui doivent éclairer les choix, d’autres - plus nombreux - exprimant plus ou moins directement un rejet des thèses de l’extrême droite.

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