Marseille : Climat tendu à l'Université autour des risques psychosociaux

EDUCATION Une expertise sur les risques psychosociaux au sein de l'université Aix Marseille cristallisent les problèmes entre direction et personnel... 

Adrien Max

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La gestion des risques psychosociaux fait débat à l'université d'Aix Marseille.
La gestion des risques psychosociaux fait débat à l'université d'Aix Marseille. — Boris Horvat / AFP
  • Une expertise sur les risques psychosociaux à l'université d'Aix Marseille relève des situations de souffrance au travail.
  • Trois syndicats souhaitent que des experts externes à l'université participent à l'élaboration du plan de prévention.

C’est un dossier qui traîne, et qui traîne, et qui traîne… En 2013, sur recommandation du ministère de l’enseignement supérieur, l’université d' Aix Marseille commande une expertise sur les risques psychosociaux au cabinet Cateis. Un cabinet externe, reconnu et agréé par le ministère.

Selon nos informations, de nombreuses situations de souffrance au travail apparaissent lors de la remise de l’expertise - confidentielle - il y a quelques semaines, au comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) de l’université. Des personnels n’ont pas attendu cette expertise pour partager leur souffrance. Caroline Mauriat, du syndicat FSU, en a eu écho. « Une perte de sens, une double charge de travail, une déshumanisation à cause des temps de procédure. Ce sont souvent les mêmes problèmes qui ressortent », détaille la syndicaliste. Selon les organisations syndicales, la fusion des universités en 2012 explique nombre de ces souffrances.

Des experts externes

Problème, alors que le CHSCT a voté pour la publication en interne de cette expertise, deux mois plus tard elle n’est toujours pas publiée. « J’ai aussi demandé la publication de l’expertise », se justifie le président avant d’ajouter « si ce n’est pas encore fait c’est parce que nous souhaitons y ajouter un rapport contradictoire, ainsi que le plan de prévention pour prévenir les risques. » Nouveau problème, l’université et Cateis, ne souhaitent plus collaborer pour la définition de ce plan, ce qui était pourtant initialement prévu.

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Une réunion du CHSCT est prévue vendredi pour justement élaborer ce plan de prévention. « Nous ne voulons pas qu’il soit uniquement décidé en interne. Nous voulons que des experts, connaisseurs du monde universitaire, mais externes à l’université, donnent leurs préconisations », réclame Caroline Mauriat, également enseignante chercheur.

Aller vite

Yvon Berland recontextualise la représentativité des syndicalistes à l’origine de cette demande (la CGT, FSU et FO). « Les quatre syndicats qui n’ont pas pris position dans cette histoire représentent près de 70 % des élus du CHSCT » avant d’ajouter qu’il n’est « pas contre leur proposition mais je veux aller vite. Faire appel à des experts externes c’est un marché public et c’est minimum 3 mois. »

Des préconisations ont déjà été mises en place par l’université, comme un dispositif contre le harcèlement sexuel. Les syndicats contestent pourtant l’efficacité de certains de ces dispositifs. « C’est complètement faux », rétorque le président, « ce dispositif est très efficace et on a eu de très bons retours des personnes qui ont pu y avoir recours. »

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Plus globalement, la gestion de l’université qui débouche sur ce genre de situation est dénoncée par les syndicats. « L’université Aix Marseille est gérée comme une marque. Tout est verrouillé et contrôlé. Il y a des problèmes, mais ils les cachent ou les minimisent pour conserver une bonne image. », explique Christophe Demarque, enseignant chercheur et membre du syndicat Sud. Le président considère qu’énormément d’efforts ont été entrepris ces dernières années. Notamment au niveau de la lutte contre les discriminations, contre le harcèlement sexuel ou contre les problèmes socioprofessionnels. Mais les deux parties s'entendent sur le fait que beaucoup reste à faire.